« Je voulais vivre », de Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Adélaïde de Clermont-Tonnerre fait preuve d’ une imagination débordante en créant de toute pièce une Milady bien différente de celle d’Alexandre Dumas. Sans jamais trahir le style de ce beau roman de cape et d’épée du XIXème siècle, elle prête à la manipulatrice des « Trois mousquetaires » des qualités de courage et d’ingéniosité face aux situations désespérées qu’elle rencontre. La noblesse de cœur est cette fois toute réservée à Milady, tandis que les trois mousquetaires et leur capitaine n’agissent que par orgueil personnel. Certes le libertinage s’étend de la cour de Louis XIII jusqu’à celle d’Angleterre, et les rapts et assassinats en province sont fréquents quand il s’agit de camoufler un déshonneur familial ou de dérober un héritage à son aîné ; même le prêtre est pervers, seul l’homosexuel est capable d’amitié.
A contrario les femmes sont des êtres de vertu et de fidélité, malheureusement toujours victimes. L’écriture d’A. de Clermont-Tonnerre équivaut à celle de Dumas, des plus audacieuses et distrayantes, voulant simplement embellir la réputation féminine que celui-ci avait entachée. Initiative féministe intéressante malgré un résultat tout aussi caricatural que celui de ce gigantesque romancier qui aimait trop la vie pour se préoccuper de la réalité historique et de subtilités psychologiques. Mais n’est ce pas cette légèreté dans l’action et cette imagination féconde qui fit et fait encore la joie des lecteurs des « Trois Mousquetaires » ?
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