Cambridge Analytica: Zuckerberg reconnaît la "responsabilité" de Facebook
FACEBOOK - Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a reconnu ce mercredi 21 mars des "erreurs" et promis de faire mieux après la révélation de l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs par la firme britannique Cambridge Analytica.
Facebook "fait des erreurs" et "il y a encore à faire" pour améliorer son service, a-t-il indiqué sur sa page, dans ses premiers commentaires sur cette affaire, se disant "responsable de ce qui se passe" sur Facebook et promettant de permettre aux usagers de mieux contrôler l'usage de leurs données personnelles.
"Nous avons la responsabilité de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir", a-t-il aussi écrit, ajoutant que le groupe allait examiner de près les applications présentes sur Facebook pour s'assurer qu'elles n'abusent pas des données personnelles.
Facebook est dans la tourmente depuis que Cambridge Analytica (CA) est accusée d'avoir récupéré sans leur consentement les données de 50 millions d'utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.
CA aurait profité d'une application tierce, "Thisisyourdigitallife", développée par le chercheur russe Alexandre Kogan, pour récupérer ces données, exploitant, selon un ancien cadre de Facebook, une faille dont le réseau social était au courant.
"Quand les données quittaient les serveurs de Facebook, ils perdaient la connaissance et le contrôle de ce qui était fait avec ces données", a affirmé un ancien responsable d'exploitation de Facebook, Sandy Parakilas, devant une commission parlementaire britannique.
#deletefacebook
Particulièrement zélé quant à sa propre sécurité informatique, Facebook ne disposait en revanche que de "peu de moyens pour détecter d'éventuels abus" dans l'utilisation de ces données, a-t-il insisté. Pis, selon lui, "Facebook était au courant de ce qui se passait et n'a prévenu personne".
Sur le même ton, Max Schrems, un militant autrichien pour la protection des données, a affirmé que Facebook était au courant dès 2011.
Max Schrems affirme avoir eu en 2012 une réunion avec des représentants du géant américain pour évoquer les inquiétudes suscitées par l'utilisation d'applications tierces, mais que ces derniers avaient assuré n'y voir aucun problème.
"Ils ont explicitement dit que de leur point de vue, en utilisant le réseau vous consentez à une situation où d'autres personnes peuvent installer une application et rassembler vos données", a dit M. Schrems à l'AFP.
Facebook n'avait aucun moyen de savoir si les firmes qui recevaient les informations adhéraient aux règles de protection des données personnelles, a-t-il relevé.
L'affaire pourrait coûter gros au roi des réseaux sociaux: des cabinets d'avocats américains ont annoncé mercredi avoir déposé des plaintes et recours en nom collectif au nom de citoyens et d'actionnaires, et Facebook affrontait une campagne d'appels à se désabonner (#deletefacebook).
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