Chers Anglais, ne vous tirez pas!
Les derniers sondages indiquent une légère avance des partisans du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne lors du referendum de ce 23 juin. Il est désormais possible que David Cameron soit sur le point de gagner son pari. C’était risqué. Les Britanniques sont gênés aux entournures par ce type de scrutin brutal, jadis spécialité des régimes autoritaires continentaux et pas du tout conforme au principe de représentation indirecte, fondement de la monarchie parlementaire. Ils y ont eu recours la première fois pour se maintenir en 1975 dans ce qui s’appelait encore la Communauté économique européenne. Ils avaient alors dit oui à plus de 67% pour rester.
En 2014, c’étaient les Écossais qui voulaient faire chambre à part. Ils étaient demeurés finalement dans le Royaume, à 55%, avec ce spectacle étonnant de la reine campant ostensiblement dans son château de Balmoral, en terre écossaise, pour proclamer, sans le dire, où allait son cœur. Un parlement tout puissant, une monarchie qui se laisse dépouiller peu à peu de son pouvoir, au point de symboliser désormais uniquement l’unité nationale. On est loin de François Hollande, quoique. On est aussi très loin de Barack Obama, canard boiteux lui aussi.
Le respect de la tradition
On est dans une île, ou plutôt plusieurs, car rien n’est simple au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord, son nom officiel, sans compter Jersey et Guernesey, ... Lire la suite