Comment un écrivain a trollé le FBI
En juillet 1964, James Baldwin réside à Paris. L’écrivain noir américain est installé en France depuis déjà seize ans. Il a quitté les États-Unis parce qu’il avait l’impression que dans son pays, son œuvre ne serait jamais que celle d’un noir. Dans la capitale française, il est admiré. Il fréquente les intellectuels de la rive gauche et observe de loin le succès de sa pièce, Blues for Mister Charlie, qui a commencé à jouer à Broadway depuis le mois d’avril. Et il observe surtout la révolution en train de s’opérer sous l’impulsion du pasteur Martin Luther King dans son pays natale, qui s’apprête à signer le Civil Rights Act, qui abolit la ségrégation raciale. L’année passée, l’écrivain a fait la couverture du Time, comme figure emblématique du mouvement des droits civiques.
Aux yeux de l’opinion internationale, les États-Unis s’ouvrent. Mais, en secret, le mouvement antiraciste continue d’effrayer les autorités. Et James Baldwin est dans la ligne de mire.
Cet été-là, le FBI met la main sur un numéro de Playbill, un mensuel américain de théâtre. Dans le magazine, il est écrit que l’écrivain travaille à un livre sur le FBI, raconte le site muckrock.com, qui publie les documents du bureau fédéral d’investigation américain. James Baldwin est particulièrement dangereux, car ses livres se vendent bien, explique la note de l’agence américaine...
La revanche de Baldwin
Et de plus, ... Lire la suite