Les appels à la démission vont croissant depuis l’implication pour «non-dénonciation» du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, dans les deux affaires de pédophilie qui secouent le clergé lyonnais. Comme un remake français de Spotlight,
récent Oscar du meilleur film, qui racontait
l’investigation de journalistes de Boston contre le cardinal de la ville Bernard Law, «démissionné» en 2002 par le pape Jean-Paul II... Comment retenir son écoeurement face aux scandales de pédophilie qui frappent le clergé catholique? On a beau répéter, à satiété, les mêmes arguments, rappeler que les faits sont anciens, que leurs auteurs ne sont que quelques poignées, que les autorités civiles dans d’autres institutions (comme l’Education nationale) ont été presque aussi défaillantes que les autorités religieuses. On a beau se convaincre que la «tolérance zéro» décrétée par les papes est enfin à l’œuvre, que l’Eglise a commencé son ménage et qu’elle collabore davantage avec la justice, au lieu de continuer à cacher ses coupables, les muter, les changer d’affectation, de peur du scandale et au risque de la récidive. On est pourtant très loin d’être rassuré. Le puits semble sans fond. De nouvelles révélations dépassent l’entendement. Des exemples de négligence, sinon de complicité, se manifestent dans la hiérarchie catholique. Le doute mine de plus en plus la confiance dans une institution qui a cessé de régenter, ...
Lire la suite