Les mobiles de Calder s'animent à la Fondation Louis Vuitton
Quelque 300 oeuvres, dont 139 sculptures et 33 peintures, animeront à partir de mercredi et jusqu'au 16 août les immenses salles, mais aussi pour la première fois le jardin du musée dessiné par l'architecte Frank Gehry, disparu en décembre 2025.
L'exposition "Calder, rêver en équilibre", réalisée en collaboration avec la Fondation Calder, marque le centenaire de l'arrivée en France, en 1926, de l'Américain né en 1898, et les 50 ans de sa disparition en 1976.
"C'est à Paris qu'il s'est mis à la sculpture en utilisant différents matériaux de pacotille et a fait le Cirque", l'une des pièces maîtresses de l'exposition, dit à l'AFP Suzanne Pagé, la directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton.
Cette oeuvre iconique est composée de dizaines de figurines d'une quinzaine de centimètres faites de chiffon et de fil, que Calder, ingénieur de formation, tord, pince, chauffe et anime.
Elle a été prêtée exceptionnellement par le Whitney Museum of American Art de New York, qui a décidé de ne plus le faire sortir à l'avenir.
"Pourquoi l'art devrait-il être statique?", s'interrogeait en 1932 Calder, affirmant que "la prochaine étape dans la sculpture était le mouvement". Ainsi sont nés ses mobiles, des sculptures suspendues et composées d'éléments abstraits qui bougent selon une harmonie équilibrée.
Son oeuvre a été qualifiée de "pure joie de vivre" par l'artiste iconoclaste Marcel Duchamp.
Les représentations du Cirque par Calder avaient contribué à le rendre célèbre lorsqu'il s'était installé dans le quartier de Montparnasse, alors le repaire de nombreux artistes séjournant à Paris.
Calder retournera aux Etats-Unis en 1933 mais la France, où il achètera une vieille bâtisse dans la vallée de la Loire, restera sa deuxième patrie.
L'exposition propose plusieurs créations abstraites de Calder, qui a progressivement évolué vers l'abstraction géométrique, composées de cercles, de tiges, de sphères.
Ses dernières années ont été consacrées à des sculptures plus monumentales, les "stabiles" aux formes lourdes et rigides que l'on retrouve aujourd'hui aux quatre coins du monde, de Barcelone à Mexico, en passant par Chicago ou La Défense, près de Paris.
L'exposition présente en outre des oeuvres d'artistes ayant connu Calder comme Miro, Mondrian, Klee et Picasso, qui "permettent de situer son inventivité radicale dans le concert des avant-gardes", selon Suzanne Pagé.