Merwane Benlazar ou les dérives de l’audiovisuel public
Vous ne le connaissez peut-être pas : Merwane Benlazar est un humoriste de stand-up et chroniqueur dans l’audiovisuel public. Il a déjà créé la polémique en 2024 pour avoir qualifié les fans de Miss France de « porcs » sur France Inter, ou pour avoir défendu l’idée d’un « cordon sanitaire », à l’image de ce qui existe en Belgique, pour exclure des partis de toute majorité politique : « On a été trop gentil avec l’extrême droite. Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses propos » avait-il affirmé. Interrogée sur ce point par la commission d’enquête sur la neutralité du service public, Emmanuelle Daviet, médiatrice de Radio France, avait invoqué une « chronique humoristique » pour justifier cette volonté manifeste de porter atteinte au pluralisme dans les médias.
Certains de ses anciens tweets ont également suscité de vives réactions. Des internautes ont exhumé des publications ouvertement misogynes, sans que l’on sache exactement s’il s’agissait de second degré ou non, parmi lesquelles : « La place d’une femme est à la demeure auprès de son père. Crains ton seigneur », « Pas de femme en DM » (direct message), ou encore « Dans les films américains, c’est toujours les filles qui vont faire des footings qui meurent dans le parc. Ma femme, elle courra dans le salon ».
Lundi 4 mai, lors de la 37ème Nuit des Molières (et la veille de la publication du rapport Alloncle sur l’audiovisuel public), l’humoriste a fait son grand retour sur France TV. Il en a profité pour tacler quelque peu Rachida Dati, avant de refuser une bouteille de vin tendue par Alex Vizorek au prétexte que son « allégeance à la République a des limites ». Une intervention critiquée par le député Charles Alloncle, qui dit ne pas comprendre pourquoi « une telle personnalité aussi clivante, qui pose autant question » a reçu une tribune sur un événement culturel d’une telle importance : « Ce n’est pas rendre hommage à Molière et à toute la tradition de théâtre française que de donner la parole à Marwane Benlazar (…) ».
Cet épisode n’est pas une simple polémique supplémentaire : il révèle, une fois encore, les dérives structurelles d’un audiovisuel public qui ne répond plus à aucune exigence claire de neutralité et de pluralisme, et confirme en tous points les conclusions du rapport Alloncle. Le fait que le syndicat national des journalistes de France TV s’oppose, par exemple, à l’arrivée d’Eugénie Bastié sur France 2 pour animer la prochaine émission politique est une énième illustration de l’atmosphère de caste qui y règne, et de la nécessité de mettre fin à un système qui engage les fonds publics tout en étant incapable de les gérer correctement, et encore moins d’assumer ses orientations éditoriales.
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