Atlético – Arsenal (1-1) : Une bataille tactique sans vainqueur au Metropolitano
Si l’Europe avait les yeux écarquillés devant l’orgie offensive du Parc des Princes la veille, le choc entre l’Atlético de Madrid et Arsenal a offert un spectacle radicalement différent. Dans un stade Metropolitano bouillant, cette deuxième demi-finale aller s’est transformée en une âpre bataille d’usure, bien moins rythmée mais tout aussi disputée. Au terme d’un duel équilibré et cadenassé, Colchoneros et Gunners se sont quittés dos à dos (1-1). Un résultat nul qui préserve un suspense entier entre les deux outsiders de la compétition, tout en confirmant la réputation de Londoniens devenus maîtres dans l’art de l’ennui pragmatique depuis plusieurs mois.
Alvarez a répondu à Gyokeres sur pénalty
Les hommes de Mikel Arteta ont en effet frappé avec un cynisme glacial, totalement contre le cours du jeu. Si Piero Hincapié avait allumé une première mèche londonienne hors cadre au quart d’heure de jeu, ce sont bien les Madrilènes qui ont dicté le tempo. Malheureux, Julián Álvarez a d’abord buté sur le portier adverse (14e) avant de décroiser excessivement sa tête (29e). Et alors que l’Atlético semblait imposer sa loi, le couperet anglais est tombé juste avant la pause. Accroché dans la surface par David Hancko, Viktor Gyökeres s’est fait justice lui-même en transformant son penalty. Un avantage de 1-0 à la mi-temps bien cher payé pour des Gunners opportunistes.
Piqués au vif par le discours inévitablement volcanique de Diego Simeone à la pause, les Rojiblancos sont revenus sur le pré avec de bien meilleures intentions. Le symbole de cette révolte portait le numéro 7. Pour ce qui constituait certainement son ultime apparition européenne dans l’arène du Metropolitano, Antoine Griezmann a multiplié les efforts. Le Français a fait preuve d’une volonté de fer, mais la réussite l’a cruellement fui. Sa première tentative a été sauvée in extremis par le pied de Gabriel (53e), avant qu’une sublime reprise ne vienne s’écraser sur la barre transversale (63e). Son coéquipier Ademola Lookman a aussi été malheureux dans le dernier geste (74e).
La dernière danse frustrante de Griezmann
L’honneur de ramener l’Atlético à hauteur est finalement revenu à Julián Álvarez. À la 56e minute, sanctionnant une main de Ben White dans la surface, l’attaquant argentin a transformé son penalty en force (1-1). La tension est ensuite montée d’un cran dans le dernier quart d’heure. À la 78e minute, David Hancko a bien cru concéder un second penalty fatal suite à une intervention sur Eze. Fort heureusement pour les locaux, l’arbitre a invalidé sa décision initiale après recours à la VAR, jugeant le contact trop léger. Une sentence qui aurait été d’une immense sévérité au vu de la physionomie de la rencontre.
Dans les ultimes minutes, Jan Oblak a dû s’employer des poings pour repousser une dernière tentative de Mosquera (87e), figeant ce score de parité. Au vu de la débauche d’énergie et de la domination globale madrilène, ce résultat nul reste parfaitement équitable. Les deux formations se donnent désormais rendez-vous dans six jours à l’Emirates Stadium pour une finale avant l’heure. Le suspense reste entier, avec l’espoir, pour les spectateurs neutres, que la qualification se dessinera dans le jeu plutôt que sur une nouvelle histoire de penalties.