SNCF : la concurrence sous tutelle est anticoncurrentielle
Sur l’initiative d’un sénateur Horizons et de quelques autres, le16 avril, le Sénat a adopté une mesure visant à contraindre la SNCF à commercialiser les billets des autres opérateurs sur son application SNCF Connect pour « faire primer l’intérêt des usagers ». Le ministre des Transports Philippe Tabarot a soutenu cette mesure pour autant que son entrée en vigueur soit différée à 2028, ce qui a été convenu.
Le sommet de l’incohérence
Obliger une entreprise à promouvoir les offres de ses rivaux revient à brouiller les règles du jeu économique. Une entreprise investit, développe une marque, construit une relation client — pourquoi devrait-elle ensuite servir de vitrine à ceux qui cherchent à lui prendre des parts de marché ? Cela revient à transformer un acteur économique en plateforme neutre, au détriment de sa propre stratégie. On imagine mal une marque mettre en avant, dans ses catalogues de vente, les produits de ses concurrents directs.
Cette mesure fait obligation aux acteurs du train de s’entendre, en contradiction avec les règles européennes contre les ententes.
Cette logique rappelle, par analogie, les exigences de pluralisme imposées aux médias audiovisuels. Obliger chaque chaîne à représenter toutes les sensibilités est absurde. Le pluralisme ne naît pas de la contrainte interne, mais de la diversité externe des acteurs. Garantir une concurrence saine ne devrait pas signifier que chaque entreprise devienne le relais de ses concurrents. Le rôle du régulateur ne peut être, au plus, que de veiller à ce que la diversité des offres reste possible.
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