"On se sent pris en otages" : vent de colère chez les curistes face à la grève du personnel des thermes de Vichy
Aussi, parce qu’ils sont les premiers à se sentir lésés par ce mouvement social, les patients des établissements thermaux ont tenu à faire entendre leur colère, hier. À quelques dizaines de mètres du parvis des thermes Callou, où les personnels grévistes continuaient de faire connaître leurs revendications (dont celle de voir leurs salaires augmenter de 5 %), une centaine de curistes se sont ainsi réunis devant l’hôtel Mercure, afin de dire leur amertume.
Les Thermes des Dômes et Callou à l’arrêt à Vichy
"Un manque de considération""On n’est pris en otage", déplorent ces bénéficiaires supposés de soins qui, pour l’heure, subissent annulation sur annulation. "Or, on n’est tenus informé qu’au jour le jour, avec des SMS. Il y a un manque de considération, peste Catherine, venue du Berry. On n’est pas ici en vacances, on est venus pour avoir des soins."Outre la rupture du protocole de soins, les curistes redoutent aussi de subir un impact financier non négligeable. Comme Paulette, venue du Jura, qui craint de payer "trois semaines d’hôtel pour rien, et pour un bénéfice zéro en termes de santé".
Les curistes reçoivent des SMS pour se voir informés de l'annulation des soins.Quant à ces curistes guyanais, ils auront déboursé « plus de 1.200 euros d’avion, sans compter le train et l’hôtel, tout ça pour se retrouver bloqués ici », déplore Felix-Max, qui s’attendait à autre chose pour sa 44e cure vichyssoise."En clair, aujourd’hui, c’est l’enfer", regrette cet autre groupe de curistes, qui passe désormais ses jornées à attendre que le mouvement se débloque.Mais ce n’était pas la tendance ce mercredi soir : après une rencontre entre la direction du complexe thermal et des représentants syndicaux. "Il n’y a rien eu de nouveau" dans les négociations, dixit Fabienne Belin-Jeannin, déléguée FO.
La direction dit "comprendre leur désarroi"De son côté, Patrick Venet, directeur général délégué du Vy Resort Thermal de Vichy, dit "comprendre le désarroi des curistes", soulignant que, à l’heure actuelle, la négociation avec les syndicats "était dans l’impasse". "Mais ma porte reste ouverte", assure le directeur, qui précise que les soins non réalisés ne seront pas facturés. Les nuits d’hébergement dans les hôtels du Vy Resort seront aussi prises en charge sur la durée du mouvement social.
Le mouvement devrait donc se poursuivre ce jeudi. Au grand désarroi de nombreux curistes dont certains, s’ils n’étaient tenus par des réservations d’hôtels, confessent "qu’ils seraient déjà repartis".
La grève devrait se poursuivre ce jeudi...Pierre Geraudie