Il avait été arrêté à Vichy avec plus d'un kilo de cocaïne dans l'estomac : quatre ans de prison pour le trafiquant
Le jeune prévenu avait été interpellé le 13 mars en milieu de journée, en gare de Vichy, par les services des douanes de Clermont-Ferrand. Ceux-ci avaient préalablement reçu un signalement quant à la présence dans le train d’un potentiel passeur de cocaïne. Quelques heures plus tôt, celui qu’ils soupçonnaient d’être une mule avait atterri à l’aéroport de Paris-Orly, en provenance de Cayenne, en Guyane, une région gangrenée par le trafic de stupéfiants.
101 ovules dans l’estomacLes douaniers n’avaient pas fait le déplacement pour rien : ils avaient découvert 1,9 kilogramme de drogue dissimulée sur le suspect. Sur et même dans : en plus d’un petit boudin caché dans ses sous-vêtements, le jeune homme avait dans l’estomac 101 ovules de cocaïne, avalées juste avant de monter dans l’avion, à Cayenne. Soit plus d’un kilogramme de poudre blanche in corpore, et ce au risque de l’overdose mortelle. Au total, le coût de la marchandise, que le dealer voulait faire transiter jusqu’à Vichy, a été estimé à 63.000 euros.
Placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Clermont-Ferrand, l’homme, chez qui 6 autres grammes de cocaïne avaient été retrouvés, n’avait donc pas pu nier l’existence du trafic. Aux douaniers, il avait expliqué que les stupéfiants lui avaient été remis par « quelqu’un qui lui avait payé le transport » et qu’un autre « quelqu’un » devait l’attendre à Vichy. L’homme devait, pour ce travail de mule, être rémunéré à hauteur de 12.000 €.
« Je savais que j’avais deux options : soit ça marchait et ça me rapportait de l’argent pour ma famille, soit j’étais arrêté. »
Mais le trafic n’a donc pas été mené à son terme et il a été renvoyé devant la justice sous le régime de la comparution immédiate. L’occasion, pour lui, d’évoquer un parcours de vie tourmenté, avec des emplois qui n’avaient pas duré, avant de faire le choix de « céder à la facilité » en s’adonnant au trafic de stupéfiants. « Mais je savais que j’avais deux options : soit ça marchait et ça me rapportait de l’argent pour ma famille, soit j’étais arrêté. » Et son avocate, Me Laura Szpiega, d’appuyer la défense du prévenu, au casier vierge jusqu’alors, en estimant « qu’il n’était pas un mauvais garçon, mais qu’il avait fait une erreur en payant notamment de mauvaises fréquentations ».
Pour le parquet, qui a requis trois ans de prison, l’homme avait surtout « la connaissance » des produits transportés « et il a changé plusieurs fois de version sur différents voyages effectués entre Paris et Cayenne ». Enzo Oledie a finalement été condamné à quatre ans de prison ferme avec maintien en détention. Il écope aussi d’une amende douanière de 63.000 €.
Pierre Geraudie