Le festival Check-in Party de Saint-Laurent (Creuse) veut mieux faire
L’écoresponsabilité ? « Je ne trouve pas que ce soit quelque chose de particulièrement mis en avant dans ce festival » , note Camille, 25 ans, venue de Lyon pour assister à cette seconde édition du Check-in Party. Elle et ses amis sont notamment interloqués par l’un des tout premiers sujets de préoccupation du festivalier-campeur : les sanitaires.
« Il n’y a pas de toilettes sèches, mais des toilettes chimiques », constate la jeune femme. « Pour installer des toilettes sèches, il nous faudrait disposer d’un champ d’épandage puis laisser la nature faire son travail durant un an. Ce qui est compliqué d’un point de vue logistique », éclaire Frédéric Charpail, directeur technique de la manifestation.
Groupes électrogènes, mais éclairage LEDUn sujet qui rejoint également celui de l’eau. Celle utilisée pour les toilettes et les douches est “industrielle”, donc non potable. « L’idée est de consommer le moins possible d’eau issue du réseau, notamment parce que nous sommes en période de sécheresse », explique Sébastien Chevrier, codirecteur du festival. Pour boire, les publics ont par ailleurs à disposition des fontaines branchées au réseau d’eau potable, installées aux deux extrémités du site.
Quid de l’alimentation du festival en électricité ? « Ça n’est pas là où nous sommes les meilleurs », reconnaît Sébastien Chevrier. Des groupes électrogènes tournant au carburant alimentent le site et les scènes. « Nous souhaitons avoir, dès l’année prochaine, les ressources pour alimenter l’ensemble de nos infrastructures via le réseau », précise-t-il. Soulignons tout de même que les éclairages scéniques et du site sont composés de lampes LED très basse consommation.
Bon élève sur la restaurationLa restauration est l’un des points forts du Check-in. Sont notamment présents plusieurs restaurateurs ou producteurs limousins qui travaillent avec des denrées locales. Et si les food trucks ne viennent pas toujours de la région, l’organisation les contraint d’acheter leurs stocks dans le territoire de l’agglomération du Grand Guéret. Les invendus périssables sont donnés aux Restos du Cœur. Alors que les couverts sont biodégradables.
« Nous essayons de limiter notre production de déchets à la source, témoigne Sébastien Chevrier. Des poubelles de tri sont bien sûr installées sur le festival. Et nous avons monté un partenariat avec la structure locale en charge de la gestion des déchets, Evolis 23. ». L’un des sujets les plus difficiles à traiter pour un événement comme le Check-in demeure le déplacement des publics, poste qui pèse le plus dans les bilans carbone des festivals. Mais les responsables de l’événement creusois ne restent pas les bras ballants.
Bientôt des bus Guéret-Montpellier ?« On a mis en place des navettes entre la gare de Guéret et le site du festival, de midi à 4 heures du matin. Et nous sommes en réflexion pour proposer aux festivaliers des bus au départ de Lyon, Paris, Bordeaux, Toulouse, Nantes et Montpellier, dès l’an prochain. Car nous savons que nos festivaliers viennent de là-bas », poursuit le codirecteur du Check-in.
Le festival de Saint-Laurent agit, donc, petit à petit, sans trop communiquer sur le sujet. Car, comme le résume Michaël, festivalier de 27 ans, en matière d’écoresponsabilité, « mieux vaut ne pas être trop revendicatif, au risque de faire du greenwashing. »
François Delotte