L'hôpital de Riom (Puy-de-Dôme) certifié « Haute qualité des soins » avec mention
En ces temps post-examens, le centre hospitalier Guy-Thomas de Riom a lui aussi eu le droit à ses résultats d’examen. Et le résultat promulgué par la Haute Autorité de Santé (HAS) est sans appel et lui vaut les lauriers : l’établissement décroche un 95,34 % de moyenne avec la mention « Haute qualité des soins ».
Trois experts-visiteursCar c’est de soins dont il est question et de leur qualité dans le cadre d’une procédure de certification, portée par la HAS, et conduite localement par la Direction des soins, de la qualité et de la gestion des risques de l‘établissement.Ainsi, du 14 au 18 mars derniers, trois experts-visiteurs - des professionnels en exercice en établissement de santé - ont visité l’hôpital et ses services, interrogé professionnels et patients. Dans leurs bagages, un référentiel, permettant d’évaluer chaque établissement de la même manière, au fil de trois grands chapitres : le patient, l’équipe de soins et l’établissement.
Pour chacun, 5 méthodes d’évaluation : patient traceur et parcours traceur, « c’est le parcours d’un patient, depuis sa prise en charge jusqu’aux divers examens », décrit Marion Grasset, cadre supérieur en charge de la communication. Vient ensuite le traceur ciblé, « sur une thématique, par exemple les risques infectieux associés aux soins » ; l’observation et enfin l’audit système qui concerne uniquement le chapitre établissement ; il y est question de sa coordination territoriale, de sa démarche qualité et l’évaluation de ses politiques.
Quinze objectifs à atteindreQuinze objectifs, déclinés en critères, sont aussi visés : des critères « impératifs », « la HAS ne veut plus voir par exemple des gens à qui l’on manque de respect par rapport à la dignité, l’intimité dans la prise en charge », résume Marion Grasset. D’où des entretiens réalisés avec des patients pour connaître leurs avis et expériences. Des critères « standards » ensuite et d’autres dits « avancés ». Pour ces derniers, ce sont « les futurs critères standards. La HAS commence à les évaluer. C’est l’avenir ». Une façon de voir aussi les projets conduits par l’établissement.
L’activité reste « soutenue » cet étéLe centre hospitalier emploie à ce jour quelque 800 agents dont environ 130 personnels infirmiers. (Photo d’illustration)Juste avant que ne débute l’été, le directeur du centre hospitalier de Riom, Sébastien Retord, estimait que « ça se présente mieux que l’an dernier. L’été dernier, il y avait beaucoup de journées d’urgentistes que l’on n’avait pas trouvées et qui avaient été compensées in extremis par de l’intérim ». Aujourd’hui, l‘activité reste « soutenue, ça n’est pas simple au quotidien mais nous ne sommes pas dans une situation critique », analyse Marion Grasset, cadre supérieur en charge de la communication. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : la fermeture estivale des lits, 11 comme en 2021, mais aussi l’impact par exemple de la chaleur, du Covid pour lequel il y a toujours une activité. Fin juin, Sébastien Retord relevait aussi son inquiétude concernant « l’afflux nouveau de patients que l’on constate depuis quelques semaines. Cela découle peut-être d’un retard de prise en charge chez les médecins traitants en lien avec le Covid. Sans compter sur les quelques patients qui viennent de Montluçon et des environs. » Quant au recrutement, au niveau des personnels infirmiers, il est toujours en cours. « Nous mettons aussi cette période à profit pour nous développer sur les réseaux sociaux afin de nous donner plus de visibilité et d’attractivité ».
Autant d’éléments permettant d’attribuer une note générale, voire de dégager une mention. « Il faut notamment avoir répondu à deux critères avancés sur un score de plus de 50 %. Là, il s’agissait de la “conciliation médicamenteuse” et de la “mobilisation de l’expertise patient” », complète Marion Grasset. Au final, le rapport des experts-visiteurs est aussi étudié par un collège d’experts qui rend son verdict. Le 14 juin dernier, l’établissement riomois a donc décroché sa mention « Haute qualité des soins ».
« Une distinction qui n’est pas donnée à tout le monde »« C’est le meilleur résultat attendu, estime Marion Grasset. C’est une distinction qui n’est pas donnée à tout le monde. » Le rapport porte ainsi mention que « dans leur ensemble, les prises en charge sont réalisées dans des délais assurant le confort et la dignité des patients, y compris lors des transports intra hospitaliers » ou encore que « malgré les locaux inadéquats et le service d’accueil des urgences en construction, l’équipe témoigne d’une mobilisation pour des prises en charge de qualité et de sécurité des soins ». Et c’est ce dernier point notamment qui fait la fierté de la direction de l’hôpital :
C’est une récompense pour les professionnels de terrain. C’est leur travail, la qualité des prestations qui sont reconnus
Et ce, dans une période rendue compliquée par la crise sanitaire et les vagues successives de l’épidémie. De quoi affronter plus sereinement la période estivale, et une rentrée qui risque encore d’être chargée. Comme un passage en classe supérieure.
Pratique. Rapport disponible sur https://www.has-sante.fr/jcms/2159_FicheEtablissement/fr/ch-de-riom
François Jaulhacfrancois.jaulhac@centrefrance.com