Quatre ans de prison ferme pour un Corrézien, coupable d'avoir grièvement blessé un jeune homme avec un couteau
« Je me souviens avoir vu la lame aussi rouge que le manche. » Au compte-gouttes, Mickael Manoux, 28 ans, a livré les souvenirs épars de cette nuit du 23 au 24 octobre 2017 à Uzerche qui s’est achevée dramatiquement.
Le jeune homme aux cheveux longs, t-shirt ample sur une silhouette filiforme, devait répondre ce mardi 21 juin devant le tribunal judiciaire de Tulle de coups de couteau portés à un convive dans une fête particulièrement arrosée. Pour des motifs que la gravité des faits a rendu futiles, la victime, alors âgée de 25 ans, s’était effondrée dans la rue, sérieusement touchée au poumon.
Quatre coups, dont un blesse grièvement la victime au poumon« Il y a eu au moins quatre coups portés. Trois circulaires, et un coup fichant, qui a touché le péricarde et un poumon, occasionnant une grave hémorragie interne », a détaillé la présidente d’audience. Il est alors 4 h 15 du matin quand les pompiers reçoivent l’alerte.
Le tribunal s’est ensuite attaché à méticuleusement remonter la chronologie des faits. Le début de soirée chez une amie que le mis en cause rejoint et où il va faire connaissance de la victime. L’alcool consommé par tout le monde en abondance et les premières frictions sur fond éthylique, puis des insultes et des empoignades. « “Je reviens avec ce qu’il faut”, auriez-vous dit à la victime », note la présidente, qui rappelle au passage : « des témoins vous ont également vu faire un geste en sa direction avec l’indexe et le majeur en forme de “V” et lui dire “je vais te crever les yeux !” »
« La responsabilité pénale est entière »« Il avait d’abord tenu des propos misogynes lors de la soirée, puis homophobe contre moi », se défend le prévenu. Des explications bien insuffisantes pour le procureur de la République, qui relève : « Vous dites avoir été effrayé chez vous, mais c’est vous qui lui ouvrez votre porte. Puis, alors qu’il est seul est pas armé, qui le suivez dehors, préalablement équipé d’un couteau, avant de le frapper à plusieurs reprises dans la rue. » Insistant sur l’extrême gravité des faits, « qui ont fait l’objet d’une instruction criminelle avant d’être requalifiés [en violences aggravées, NDLR] », il a requis une peine de 5 ans de prison, dont un an de sursis probatoire, avec notamment obligation de réparer les dommages causés à la victime, et demandé qu’un mandat de dépôt soit décerné à son encontre.
Une peine démesurée, a plaidé Me Labrousse pour la défense, estimant, avant de demander la relaxe, que son client avait bien été agressé verbalement et n’avait pas agi intentionnellement : « Il n’y a pas d’élément intentionnel pour caractériser l’infraction. Il l’a blessé accidentellement. » Une position diamétralement opposée à Me Pons, avocat de la victime, qui avait souligné : « La responsabilité pénale est entière et constituée, quand bien même il y aurait eu des propos homophobes de tenus. »
Le tribunal a entièrement suivi les réquisitions au terme de ses délibérations.
Julien Bachellerie