Les résultats des Républicains en Auvergne-Rhône-Alpes offrent à Laurent Wauquiez la possibilité d’un retour
« Je veux défendre le travail plutôt que l’assistanat, la relocalisation des entreprises, le respect, l’autorité et la bonne gestion de l’argent public ». Du Laurent Wauquiez dans le texte, mais prononcé par Nicolas Ray, le nouveau député (LR) de Vichy, dès dimanche soir.
Un an après sa franche réélection à la tête de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (55,2 % des voix dans une triangulaire), Laurent Wauquiez semble avoir maintenu son pouvoir d’attraction sur l’électorat de la deuxième région de France et son emprise sur les troupes du parti. Alors que le nombre de députés LR-UDI s’est réduit de près de 40 % sur ces législatives, passant de 100 à 64, il a augmenté de 30 % dans sa région.
Non seulement les quatorze sortants LR ont tous été réélus (avec des pointes à 70 % dans le Cantal et chez lui en Haute-Loire), mais le parti a gagné cinq parlementaires, dont certains inattendus. Ce sont donc près d’un tiers des députés Les Républicains (61 au total, l’UDI en ayant trois) qui sont implantés en Auvergne-Rhône-Alpes.
La plupart sont des proches de Laurent Wauquiez : parmi les nouveaux figurent notamment deux grognards de son exécutif, Jean-Pierre Taite (Loire) et Yannick Neuder (Isère). Siègent aussi dans la majorité régionale Emilie Bonnivard, Dino Cinieri, Jean-Pierre Vigier, Xavier Breton et Fabrice Brun. Si l’on ajoute Bernard Perrut, député sortant du Rhône devenu suppléant de son protégé Alexandre Portier, et Laurent Wauquiez lui-même, suppléant d’Isabelle Valentin, on arrive presque à un groupe parlementaire entier.
Jacob : « Il a toutes les qualités pour présider le parti »Durant la campagne, Laurent Wauquiez a multiplié les déplacements au soutien des candidats, dans sa région, mais aussi dans plusieurs dizaines de circonscriptions métropolitaines. « Pour être le chef, il faut répéter “c’est moi le chef”, mais aussi que les autres disent “c’est lui le chef”. Laurent l’a assez dit et il faut maintenant que les autres le fassent. C’est ce qui est en train de se passer », analyse un proche auvergnat.
— France Inter (@franceinter) June 21, 2022
Mardi 21 juin, sur France Inter, Christian Jacob, le président des Républicains sur le départ, a dit tout le bien qu’il pensait de son prédécesseur… qu’il verrait bien devenir aussi son successeur. « J’ai toujours considéré que Laurent Wauquiez avait toutes les qualités. Il a l’expérience de gestion de grandes collectivités, ministérielle, il a déjà dirigé le parti. Mais c’est un choix d’abord personnel pour lui. » La veille, en conseil stratégique du parti, Laurent Wauquiez avait aussi reçu le soutien d’Eric Ciotti.
Les autres voteront contre Macron. Nous, on doit voter dans l’intérêt de la France
À part une réaction aux résultats locaux le soir du scrutin sur France 3 Auvergne, Laurent Wauquiez est muet depuis dimanche. Doit-il intervenir maintenant ou plus tard ? Pour dire quoi ? « La situation est compliquée », souffle son entourage, traduisant un certain tiraillement. Depuis le fiasco des Européennes de 2019 et son départ forcé de la présidence des Républicains, il est « rentré dans sa coquille régionale et sa stratégie a été payante », résume un soutien. Toute la difficulté va être de choisir le bon moment et la bonne stratégie pour en sortir.
S’il n’a pas fait de déclaration publique, Laurent Wauquiez a déclaré en conseil stratégique des LR, lundi, être contre le « blocage ». « Les autres voteront contre Macron. Nous, on doit voter dans l’intérêt de la France ». Il a aussi incité à « ne pas seulement attendre les textes, mais pousser aussi nos idées. » Qu’il saura souffler à ses nombreux relais au Palais-Bourbon.
Laurent Bernard