Les Pompiers de l'Urgence Internationale ont testé du matériel expérimental sur leur Centre de la Souterraine (Creuse)
Les Pompiers de l’Urgence Internationale (PUI), dont le siège est basé à Limoges, ont été sélectionnés en 2020 pour intégrer un consortium européen de chercheurs et d’équipes de secours, afin d’étudier la réalisation d’équipements de nouvelle technologie dans le cadre d’un projet européen appelé : « Search and rescue ». Le but de cette opération est de mettre des chercheurs et des pompiers de plusieurs nationalités en relation pour travailler en collaboration sur des outils qui vont permettre de faciliter les opérations de secours, la recherche de victimes ensevelies, la sécurité des intervenants, ou encore la coordination des opérations.
27 chercheurs européens présents à la SouterraineFinancé par l’Union Européenne, le projet est entré en phase test des prototypes réalisés avec des essais sur le terrain depuis un mois maintenant. Après une ville d’Italie, La Souterraine était la deuxième cité hôte à recevoir ces différents tests, samedi dernier. Les chercheurs européens, venus de Grèce, d’Italie, de Roumanie etc., ont été accueillis par Philippe Besson, directeur des Pompiers de l’Urgence Internationale. « Nous accueillons aujourd’hui, sur notre site de formation de La Souterraine, en présence de 27 chercheurs européens, un exercice qui va permettre de mettre à l’épreuve une tenue d’intervention connectée, un capteur chimique innovant permettant de localiser une victime ensevelie, des smartphones connectés permettant de géolocaliser des intervenants ou encore un logiciel de coordination des opérations qui se nomme Concorde. »
Pompiers de l'urgence internationale, essai combinaison connectée à la Souterraine en juin 2022 Pour ce faire, plusieurs simulations ont eu lieu sur le site d’entraînement des PUI, samedi matin : « Sur l’exercice en cours, il y a une victime ensevelie sous les débris d’un immeuble, nous avons tout d’abord envoyé les chiens, puis des chercheurs venus de l’étranger ont pu tester leur matériel de détection pour confirmer la présence de personne sous la pierre. L’équipe médicale a alors pu entrer en action avec deux nouveaux dispositifs qui sont testés sur cette opération, ils ont médicalisé et sorti la victime. »
Des outils efficaces mais fragilesLes exercices ont permis de faire remonter des premières améliorations à apporter aux différents prototypes : « Nous sommes sur des outils qui vont grandement être améliorés avec le temps, ils sont déjà très efficaces mais, à l’heure actuelle, beaucoup d’entre eux sont fragiles dans leur maniement et risquent d’être endommagés pendant les interventions. » Le projet “Search and rescue” devrait prendre fin en juillet 2023. D’ici là, les chercheurs auront pris soin d’améliorer les prototypes testés sur le terrain le week-end dernier, tout en suivant les recommandations que les sauveteurs auront fait remonter lors des différents tests réalisés.
Une tenue équipée de capteurs pour surveiller la santé des sauveteursPompiers de l'urgence internationale, essai combinaison connectée à la Souterraine en juin 2022Une tenue d’intervention équipée de capteurs a pu être testée en situation par un pompier de l’Urgence Internationale. Philippe Besson, président des PUI, explique que cet équipement permet de surveiller en permanence, en direct du poste de contrôle, la santé et les constantes des intervenants sur le terrain : « Cette tenue nous permet de contrôler la santé du sauveteur qui travaille dans un espace confiné. Nous recevons en temps réel, sa tension, son oxygène, son rythme cardiaque et d’autres données comme combien de temps l’intervenant est resté à genoux ou accroupi. » Les données arrivent directement sur un smartphone en possession du sauveteur et sont ensuite transmises au poste de contrôle : « Cela nous permet de voir si les intervenants sur le terrain doivent être remplacés, sachant que l’amplitude horaire normale pour un pompier sur une intervention est de six heures. » Le sauveteur testait également, par-dessus, une seconde tenue pour travailler dans la lutte contre les incendies, dans les conditions nucléaires, radiologiques, bactériennes, chimiques et dans les sauvetages et recherches dans un milieu effondré comme ce fut le cas samedi dernier, lors de l’exercice. Le retour d’expérience a permis de mettre l’accent sur des choses à améliorer : « On a fait un retour aux chercheurs comme quoi la position des capteurs sur la combinaison n’était pas forcément bonne, quand on est dans un tunnel et qu’on rampe, si le capteur est placé devant, on va l’arracher. Même problème pour la position du smartphone. »
Détecter les gaz de détressePompiers de l'urgence internationale, essai combinaison connectée à la Souterraine en juin 2022
Mis au point par des chercheurs grecs, le projet MIMS est un élément portable qui permet de retrouver des personnes enfouies sous terre ou sous la pierre grâce à la détection de gaz comme l’acétone. Ce fameux gaz est produit par des victimes en détresse à partir de deux à trois heures coincées dans les décombres. L’objectif de cet appareil est qu’il puisse venir en complément des équipes cynophiles. Jugé encombrant et fragile, le prototype devra néanmoins être amélioré.
Cédric Goessens