Des collégiens de Montluçon (Allier) lancent un ballon météorologique dans la stratosphère
À une heure du lancement, mardi 21 juin, Safia, Lyse et Célia sont un peu tendues. Ces élèves de quatrième du collège Jean-Jacques Soulier de Montluçon ont participé toute l’année à la fabrication d’un ballon météorologique. « J’ai peur que ça se passe mal. Qu’il y ait un avion, des perturbations », avance Safia. « Ou des orages. Cette nuit, il y en a eu », ajoute Lyse. Les nuages menaçants ne se sont formés qu’en milieu d’après-midi, bien après que la nacelle touche à nouveau le sol, vers 14 h 30.
Atterrissage dans le secteur de Nevers/Magny-CoursSelon les calculs de Bruno Limoges, professeur de technologie en charge du projet, ce devrait être vers Nevers/Magny-Cours, dans le département voisin de la Nièvre. 15 heures, le traceur GPS, capable d’une précision de trois mètres, ne transmettait que des données incohérentes. « Il a peut-être pris un petit coup de froid », imagine l’enseignant. Le ballon a atteint la stratosphère :
Il est monté jusqu’à trente kilomètres. C’est trois à quatre fois plus haut qu’un avion de ligne.
Il n’est pas inquiet pour l’équipement. Ce n’est pas la première fois qu’il fait partir un ballon dans la stratosphère : quelqu’un contactera le numéro inscrit sur la nacelle principale (le sien) ou la gendarmerie. Mais c’est une première au collège Jean-Jacques Soulier. « C’est vraiment cool, ça change des autres programmes de techno », abonde Célia.
Préparation du lancement dès 9 heuresL’ensemble des trois classes de quatrième a été mis à contribution dès 9 heures. De la préparation des deux nacelles à la triple vérification des équipements (lire par ailleurs), les opérations étaient supervisées par cinq étudiants de l’Université d’Auvergne, ceux de Bruno Limoges, également professeur à l’Inspe (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) de Chamalières, près de Clermont-Ferrand.
Ce sont eux qui ont guidé les élèves dans le gonflage à l’hélium du ballon, dès de 11 h 15. Opération des plus délicates : rien, pas un grain de sable, ne doit polluer la zone de lancement. Puis dans l’assemblage des différents éléments, jusqu’à la libération du ballon, trente minutes plus tard. Le moment, solennel, a été salué par les applaudissements qu’il mérite.
À quelques détails près dans le décor, l’ambiance ressemblait à celle des locaux de la Nasa (National Aeronautics and Space Administration), à Houston (Texas), aux États-Unis.
Les premières minutes se sont passées sans encombre. La nacelle secondaire s’est détachée à cinq cents mètres d’altitude comme prévu. L’autre a continué son vol jusqu’aux cieux.
Des données analysées en classeLundi 27 juin, lors de leur dernier cours avec Bruno Limoges, les élèves analyseront les données collectées par le ballon stratosphérique :
Les élèves seront confrontés à des choses inattendues. Ils pensent que la température ne fait que baisser avec l’altitude. C’est vrai jusqu’à quinze mille mètres et après, elle augmente de nouveau. La pression nulle pression ne sera pas une découverte. L’absence de turbulences non plus, puisqu’il n’y a pas d’air. Quand le ballon a éclaté, autour de trente kilomètres, le parachute ne s’est donc ouvert que dans l’atmosphère.
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Texte : Seher TurkmenPhotos : Cécile Champagnat