Un SDF condamné à quinze mois de prison par le tribunal de Montluçon (Allier) pour une série de délits
Les échanges ont été compliqués, voire tendues entre la présidente du tribunal correctionnel de Montluçon et le prévenu de 52 ans, lors de l’audience de ce dernier en comparution immédiate, lundi 21 mars.
Il séjourne dans des hôtels sans payerL’homme, sans domicile fixe - mais ayant une adresse à Lyon -, est poursuivi pour divers faits. Tout d’abord, des filouteries commises dans deux hôtels de Montluçon du 15 au 17 février puis du 18 au 21 février. L’homme y séjourne, mais refuse de payer la note des nuits et petits déjeuners allant jusqu’à insulter et même dans un cas menacer un employé.
Il vole un chien et refuse violemment de le rendrePeu de temps après, le 24 février, le quinquagénaire vole une chienne à la propriétaire d’un bar de Montluçon. Il était censé promener l’animal avec son propre chien, mais ne l’a jamais ramené à sa propriétaire.
Le lendemain, quand cette dernière vient récupérer sa chienne dans un squat, le prévenu la frappe avec une planche de bois.
A peine libéré à Montluçon, il est arrêté à CommentryAprès une première arrestation à Montluçon le 26 février, il est remis en liberté rapidement avec une convocation au tribunal pour le mois de juin.
Le soir même, il est de nouveau arrêté à Commentry après s’être introduit dans une maison inhabitée où il commet des dégradations.
Il reconnaît les faits mais pas la façon dont ils sont présentésSi l’homme reconnaît les faits à la barre comme il l’a fait devant les forces de l’ordre, il tente d’imposer sa version pour justifier ses actes. Alors que la présidente l’interroge, Laurent Lagrange s’agace.
Je ne comprends pas. Je ne sais même pas ce que je fais là !
Répondant à côté des questions, il ne cesse de parler d’un ton énervé, obligeant la présidente à hausser la voix à plusieurs reprises pour le faire taire.
Un homme qui doit réfléchir à sa situation selon le procureurLe procureur de la République n’a pas été convaincu par ces explications. Il a pointé la gradation en nombre et en violence des mentions sur le casier judiciaire du prévenu depuis 2006.
Pour lui, le quinquagénaire « doit réfléchir à sa situation et remettre de l’ordre dans sa vie ». Il a requis quinze mois de détention avec mandat de dépôt.
Une situation plus subtile que les simples apparencesL’avocate de la défense estime cependant que la situation est plus subtile que la manière dont elle est présentée.
« Tout ce qu’il dit n’est pas complètement faux ! »
Elle met en avant que son client avait vraiment l’intention de payer les hôtels qu’il avait réservés pour voir sa fille. Pour elle, son client « fait les choses à l’envers ».
Elle insiste aussi sur le fait que les projets professionnels de son client sont sérieux. Elle plaide pour une peine assortie d’un sursis avec une obligation de suivi psychologique et de travail.
Une condamnation fermeLe tribunal a suivi les réquisitions du procureur en condamnant le prévenu à quinze mois d’emprisonnement avec maintien en détention, interdiction de porter une arme pendant cinq ans. Il devra également rembourser les parties civiles.
Florence Farina