Un « lieu commun » en gestation à Sauviat (Puy-de-Dôme) pour redynamiser le bourg
Éloigné des grands axes de circulation, perché sur un plateau, le petit bourg de Sauviat respire le calme et la sérénité. Depuis des générations, les habitants qui s’y installent apprécient cette tranquillité, tout en étant proches des bassins d’emplois de Thiers, Courpière, ou Ambert.
Mais le village de 544 habitants a aussi perdu de sa vie, au fil des décennies. L’école a fermé en 1974, tout comme le dernier bar, quelque temps après. Il n’y a plus aucun commerce de proximité à Sauviat depuis.
La crise sanitaire, le déclencheurLa nouvelle municipalité, élue en 2020, a décidé de remédier à cette morosité en relançant d’abord l’an dernier un marché, durant la saison estivale, deux jeudis après-midi par mois. La crise sanitaire a été « le déclencheur », note Rachel Bournier, la maire : « Il y avait une demande des Sauviatois, ils étaient prêts à changer leur mode de consommation. »
Aujourd’hui, pour surfer sur cet élan et profiter de l’installation de nouveaux habitants, les élus veulent aller plus loin. Ils viennent de racheter une grande maison à hauteur de 72.000 €, située juste à côté de la mairie, au cœur du village, en vente depuis plusieurs années. Objectif : y créer un « lieu commun » aux multiples usages, comme un tiers-lieu, où produits en circuits courts, démocratie participative et vie sociale s’y mélangeraient.
« L’idée serait de revenir au Sauviat ancien, à l’image de ce qu’était le bourg »
Le besoin d'un lieu de convivialitéPour mener à bien ce projet ambitieux, la municipalité a recruté un stagiaire. Florian Vauthier, qui fait des études d’architecte à Nantes, a fait une pause dans son cursus pour travailler sur ce dossier depuis mars.
Il rendra son diagnostic, ce vendredi 23 juillet à 20 heures à la salle des fêtes, devant les habitants. « À mon arrivée, la maire m’a expliqué qu’il y avait un besoin d’un lieu de convivialité. Les habitants ont envie de commerce de proximité, de dynamisme, d’un lieu de rencontre », commence l’étudiant de 23 ans. Florian débute alors un état des lieux des possibilités de création. S’il n’est pas là pour « prendre des décisions », son éclairage doit permettre de lancer le projet.
« Au total, j’ai passé une centaine d’entretiens, entre élus et associations du territoire, et les habitants de Sauviat, que j’ai rencontrés en faisant du porte-à-porte, en réalisant des questionnaires par courrier, via Facebook... Puis, pour ceux qui voulaient s’investir, je les ai invités dans des ateliers. »
Épicerie, bistrot et ateliersAu fil des mois, le projet se concrétise. La recomposition de la demeure de 300 m2 et de ses trois étages est imaginée. Au rez-de-chaussée, une épicerie de produits locaux pourrait voir le jour, avec de l’autre côté, « un lieu de sociabilité » de type bistrot solidaire « sur l’exemple de l’hôtel-restaurant de Tours-sur-Meymont », pointe Florian Vauthier.
Au premier étage, des ateliers de cuisine, de couture, pourraient être organisés par des bénévoles ou avec la participation d’associations du territoire. Un espace de travail partagé pourrait aussi être installé. Enfin, le dernier étage, à réaménager, pourrait être transformé en un logement, « pour accueillir un artiste en résidence, comme à Châteldon par exemple ».
Si la maison est désormais propriété de la commune, les travaux n’ont pas encore débuté mais sont prévus pour 2022. Une enveloppe d’environ 340.000 € a été budgétée pour les travaux, alors que des demandes de subvention sont en cours. Si jamais ce projet n’aboutit pas, l’acquisition de la municipalité ne restera pas vaine. Des logements pourraient ainsi y être créés.
Tout repose désormais sur la volonté des habitants, qui vont être pleinement impliqués, aux côtés des élus, dans le projet. « Il y a un noyau dur d’une vingtaine d’habitants, motivés pour s’engager. Maintenant que mon stage se termine, c’est à eux et à toutes les bonnes volontés d’agir pour que le projet aboutisse. C’est une aventure collective », espère Florian, qui veillera de loin à sa concrétisation.
Info plus. Durant la fête patronale, le 25 juillet, le lieu commun sera ouvert au public. Une exposition de peintures, vitraux, photos d’habitants sera aussi visible.
Fanny Guiné