Baba Faye et Moussa Barry, Lions de la terre... corrézienne
L’histoire entre Baba Faye et Moussa Barry, c’est celle de deux potes d’enfance. Celle de deux potes qui ont débuté le rugby ensemble, dans un Sénégal qui ne jure pourtant que par le foot et la lutte.
Deux potes qui se sont ensuite perdus de vue avant de se retrouver en Corrèze grâce au rugby il y a cinq ans. À Malemort pour le premier cité, au Rugby Causse Vézère pour le second.
« En fait, avec Baba, on a joué dans le même club de Dakar : les Jambars, ça veut dire les guerriers. Moi, j’ai découvert le rugby lors de la coupe du Monde 2007 en France. J’ai tout de suite su que c’était ce sport que je voulais pratiquer », explique l’athlétique Moussa Barry, rentré à Brive après les deux matches qualificatifs pour le Mondial 2023.
Baba Faye, lui, est toujours sur le sol africain pour ses vacances. Toujours au Sénégal. Et toujours un ballon de rugby pas très loin.
Baba Faye, à gauche, et Moussa Barry, au milieu, portent les couleurs du Sénégal
« Quand je rentre, j’essaye d’aller voir notre club des Jambars. Je leur donne quelques conseils sur la touche et la mêlée. C’est important de pouvoir partager l’expérience qu’on a avec les jeunes », indique le 2e ou 3e ligne qui a donc, avec son pote, pris part à la phase qualificative de la Rugby Africa Cup avec les Lions de la Terenga à Nairobi, au Kenya.
Pour eux, la donne était simple : pour espérer se qualifier dans le Top 8 africain qui s’affrontera en 2022, le Sénégal devait battre au moins soit la Zambie, soit le Kenya.
Une victoire historique face au KenyaSauf que les Sénégalais ont fait bien mieux que cela car ils ont réussi à battre LA grande nation du continent : le Kenya, 20-19 grâce à un essai en toute fin de rencontre de Georges Pompidou Mendy, qui porte les couleurs de Saint-Yrieix, avant d’enchaîner face aux Zambiens, 20-5 pour s’adjuger la première place de la poule. Et ainsi se donner le droit d'affronter l'Algérie, en quart de finale, l'année prochaine.
« Franchement, dominer le Kenya, c’était vraiment très fort car personne ne misait sur nous. Et puis finalement, on est désormais à trois matches de participer à la coupe du Monde en France. C’est fou. C’est juste surréaliste parce qu’on part vraiment du fond du fond du rugby africain », glisse Baba Faye qui, comme Moussa Barry, a d’abord débuté par le rugby à 7 avant de se tourner vers le 15. Et d’apprendre la polyvalence.
De la polyvalence en sélectionCar en sélection, l’habituel puissant 2e ligne de Malemort évolue en 3e ligne et le mobile 3e ligne de Causse Vézère porte le numéro… 11 dans le dos.
« Au pays, nous avons plus de “gros” que de trois-quarts alors je dépanne (rires). Pendant les deux matches, j’ai joué centre et ailier et franchement, ça m’a bien plus », sourit Moussa qui retrouvera son pote Baba Faye dans quelques semaines. Mais cette fois, les deux Lions seront adversaires dans le derby de la Corrèze en Fédérale 2 entre les deux formations.
« C’est marrant de se retrouver à Brive. Quand je suis arrivé en France, je savais que Baba jouait dans les coins mais on ne s’était pas appelés avant. Maintenant, on passe pas mal de temps ensemble et nos familles sont très proches », confie le joueur du RCV qui espèrent désormais prolonger le plaisir avec Baba Faye jusqu’en 2023...
Benjamin Pommier