Les Rencontres Albert Londres à Vichy ont débuté avec la projection de "Disparus, la guerre invisible en Syrie"
Les 11e Rencontres Albert Londres, organisées par l’association Maison Albert Londres autour de la thématique « Au Levant vivre la guerre » et sur les différentes formes de journalisme : grand reportage, investigation, slow journalisme, etc. se sont ouvertes, hier après-midi, à l’Étoile Palace. En temps fort, la projection du film documentaire Disparus, la guerre invisible en Syrie de Sophie Nivelle Cardinale et Étienne Huver, Prix Albert Londres 2016.
Étienne Huver, reporter
Une enquête de deux ans et une série de témoignagesÉtienne Huver, reporter, s’est exprimé. « On a mené une enquête durant deux ans et collecté des témoignages de bourreaux et victimes du régime syrien de Bachar al-Assad. On a recoupé nos témoignages et la majorité des témoins sont exilés au Liban, en Jordanie, en Turquie ou en Europe. Ces personnes témoignent de la brutalité du régime après la révolte avortée de 2011. »Étienne Hiver précise : « Sophie et moi, quand on a réalisé ce film en 2015, on ne parlait pas des disparus. On a dû mener notre travail hors de la Syrie. Ce film démontre combien ces milliers de disparitions deviennent des armes de guerre qui font peur aux Syriens et combien cela paralyse la société. Mais aussi, comment le régime agit par la force, la violence, la torture pour garder le pouvoir.»
Les disparus, en Syrie, une arme de guerre«C’est un recueil de paroles que l’on n’avait pas entendues. Il s’agit de montrer aussi toute la logique qu’il y a derrière. On est resté focalisé sur les témoignages, sur une recherche de la réalité. On a évité de faire des parallèles avec d’autres événements ou conflits qui semblent semblables. »Le film inclut des photos des disparus morts après avoir été torturés et que l’on a laissé mourir de faim. Elles proviennent d’un photographe resté anonyme et exfiltré par les opposants au régime syrien. Il travaillait dans un hôpital. Les corps sont numérotés. Ces 55.000 photos répertoriées permettent à des associations, à l’extérieur de la Syrie, de tenter d’authentifier ces personnes.Actuellement, 200.000 personnes seraient détenues en Syrie. « Le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye ne peut être saisi car la Russie et la Chine font le blocus. »
Samedi 22 août. Le journalisme en question (à l’hôtel Mercure).À 9 h 30. « Le Reporter d’idées entre le sage et l’insensé » par Christian Duteil, journaliste et docteur en philosophie. À 11 heures. Le slow journalisme un nouveau format. Exemples des revues Sept et Long Cours avec Patrick Vallelian et Tristan Savin. Table ronde : ces nouveaux supports, pourquoi ?A 11 h 30. Le traitement de l’information en Suisse et en France, différence ? La Géopolitique au Levant. Les enjeux.À 14 h 30. Le contexte géopolitique actuel, les parties en présence et les populations par Georges Malbrunot. Être Journaliste au Moyen Orient (Syrie, Liban).À 15 h 30. Table-Ronde : comment couvrir le conflit ? ; Comment approcher les puissances en présence ? L’exfiltration de journalistes Syriens par RSF avec Georges Malbrunot, Pierre Haski, Garance Le Caisne, Pascal Maguesyan. Duplex depuis Beyrouth avec Caroline Hayek, journaliste à l’Orient le JourTarif. Pass Rencontres 3 jours: 10 €
Patrick Vallelian, journalisteAu hall des Sources à Vichy. De 17 heures à 20 heures Forum du Livre de Grand Reportage animé d’une interview des auteurs.
Fabienne Faurie
Photos Victoria Pulido