Le Secours populaire du Cantal fait face à des pénuries de denrées et une hausse de fréquentation à Aurillac
Un nouveau local, mais aussi de nouveaux demandeurs, voilà le bilan à mi-juillet du Secours populaire. « Le confinement a fait des ravages. Tant sur les demandeurs que sur nos bénévoles », lance Monette Tournadre, secrétaire général de l’organisme dans le Cantal.
Pendant le confinement, l’aide alimentaire a été maintenue. En revanche, les collectes dans les supermarchés ont dû être annulées. « C’est un coup dur pour nous, on manque de tout. Nous n’avons plus de sucre, d’huile ou encore de lait. Sachant que les familles en ont besoin, c’est hallucinant », se désole Monette Tournadre.
De plus en plus de demandeursAutre effet du Covid-19 : le nombre de bénéficiaires a augmenté. « Ce n’est pas un phénomène nouveau, la crise de 2008 a eu des répercussions pendant des années. Entre 2009 et aujourd’hui, nous sommes passés de 300 familles bénéficiaires à 800 », rapporte Christian Pigagnol membre du bureau.
« C’est un coup dur pour nous, on manque de tout »
Une tendance qui s’est accélérée à la sortie du confinement d’après la secrétaire générale du Secours populaire du Cantal :
« un autre phénomène a émergé. Nos habitués venaient moins, voire plus du tout par crainte. Mais la fréquentation s’est stabilisée avec la venue de nouvelles personnes. On est resté stable du côté des demandes pour les colis alimentaires et vestimentaires. Après le confinement, les anciens et les nouveaux se sont mélangés, on a du mal à suivre la cadence »
Le Secours populaire d’Aurillac est passé d’environ quarante familles à ravitailler par jour à soixante. « On essaye de suivre la cadence, mais la majorité de nos bénévoles sont des retraités et donc dits “sensibles”. Beaucoup ne viennent plus par peur. Nous avons besoin de jeunes disponibles », rapporte la secrétaire.
Un avenir incertainAvec les arrivants au chômage et les jeunes sortis d’études, le Secours populaire dresse un autre constat : « Nous avons de plus en plus des jeunes désarmés qui viennent nous voir. Ils n’ont rien. Ils sortent de leurs études ou viennent de perdre leur travail. Les assistants sociaux les orientent vers nous. Nous sommes leur dernier recours. »
Les conditions sanitaires ne présagent rien de bon non plus pour l’association.
« Nous n’avons aucune visibilité sur nos prochaines collectes. Nous devons en faire une pour les fournitures scolaires en août, mais on ne sait pas si elle pourra se faire »,
Nouveau local du Secours Populaire Vesti’pop Nouveau local au 36 avenue des PupillesLe Secours populaire déménage Initialement prévu pour février, le déménagement du vestiaire du Secours populaire a eu lieu le 1er juillet. Il se situe au 36 bis, avenue des Pupilles et se nomme dorénavant Vesti’pop. L’ancien vestiaire a été rasé par la municipalité. Suite à un legs, l’association est devenue propriétaire de son espace de vente. « Ces nouveaux locaux nous permettront d’avoir une meilleure visibilité à Aurillac. Les anciens étaient mal pensés pour l’accueil et mal situés. Nous avons maintenant pignon sur rue. Le vestiaire est ouvert à tous, il permettra peut-être d’avoir plus de dons », espère Christian Pigagnol.
?Vesti’pop est ouvert du mardi au vendredi de 14 heures à 17 heures dans le respect des règles sanitaires en vigueur.
Simon Dubossimon.dubos@centrefrance.com