Gagnante du Radio Crochet Centre France La Montagne, Mélone se confie à cœur ouvert
Vous avez remporté, dans la catégorie auteur compositeur, le premier Radio Crochet de Centre France qui a réuni près de 60.000 votants. Surprise ? Je ne m'y attendais pas. A l'origine, j'y ai participé comme ça, pour occuper mon confinement et faire connaître mes textes et mes musiques. Ma chanson, C'est toi, est très personnelle, elle raconte la naissance de mon histoire d'amour avec mon amie.
En quoi, c'était important d'exposer vos sentiments en public ? C'était un besoin, cette chanson est vraie. Pour moi, il y a encore des progrès à faire au niveau du combat LGBT et du regard que la société porte sur nous. Du côté de ma famille, notamment.
Elle n'a pas accepté votre homosexualité ?
Cela s'améliore. Je n'ai pas été rejeté pour autant, ni par mes proches ni par les gens que j'ai côtoyé à l'école ou ailleurs. La chanson permet de faire passer le message plus facilement. J'avais vraiment envie d'en parler de cette manière. J'ai aussi une autre chanson sur le même thème, Laisse nous libres !
Ces révélations de la Fête de la musique
Y-a-t-il d'autres sujets qui inspirent votre plume ?
La tolérance bien sûr, l'environnement, la cause climatique. Ce sont des sujets majeurs. Il y a aussi la crise sanitaire actuelle qui, selon moi, fait partie de la cause environnementale.
"Le Télé crochet de Centre France sera, peut-être, un tremplin pour ma carrière"
Vous chantez depuis longtemps ?
J'ai commencé en classe de sixième, dans la chorale de mon collège. J'ai participé à divers concerts puis j'ai commencé à apprendre la guitare. J'ai commencé par chantonner. La composition est plus récente, remontant à quelques mois. J'avais des choses à exprimer. Mes chansons sont toujours liées à ce que je traverse dans la vie.
Bob Dylan, Neil Young, Agnes Obel, Iron Maiden... Les dix grosses sorties musicales du moment
Comment avez-vous vécu ce confinement ?
Plutôt bien, je me suis posée, j'ai fait vivre mes réseaux sociaux. J'ai composé pas mal de musiques avec des vidéos. Et le télé crochet de Centre France a été un moment important. Je suis en train d'enregistrer deux chansons qui me serviront de maquettes pour un disque. J'aimerais faire de cette passion mon métier. Si un jour, je peux signer dans une maison de disque, je fonce tout de suite. Le Radio Crochet de Centre France sera, peut-être, un tremplin.
Sinon, que faites-vous ?
Je viens d'obtenir ma licence en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Stapss). Je fais du sport depuis toujours, surtout du badminton et du football. Là, avec ma licence, je me suis spécialisée dans le domaine du handicap, la rééducation. Dans mon cursus, je m'oriente surtout dans une formation tournée vers les personnes handicapées, accidentées, victimes de maladies.
Aider les autres, c'est dans votre nature ?
Au début, je voulais être coach sportif pour les personnes à besoins spécifiques. J'ai fait plusieurs thèses qui m'ont aidé à ce cursus. Aider les gens à surmonter l'épreuve d'une maladie, d'un accident, c'est plutôt bénéfique. Je sais que j'aime bien rendre service, conseiller les autres.
La musique résonnera dès ce lundi au conservatoire de Chartres
La chanson, c'est un don de soi ?
C'est vrai. J'ai commencé à écrire sans grande ambition au départ, mais tout est venu progressivement. Les gens m'ont encouragé à continuer, notamment ma compagne.
La Fête de la musique représente-t-elle un moment particulier ?
Cette année, elle sera différente compte tenu des restrictions liées aux conditions sanitaires. On pourra quand même me voir au café 78 Comedy club à Houdan via une vidéo, avec celles d'autres chanteurs. J'y participerai "en vrai" l'année prochaine. Cet établissement m'a toujours encouragé. c'est là que j'ai fait mes premiers pas sur scène. Sinon, la fête de la musique est synonyme de convivialité, de découverte de jeunes talents.
Votre style ressemble un peu à celui de La Grande Sophie ou Pomme. Vous revendiquez cette filiation ?
On me le dit souvent, avec aussi une référence avec Hoshi ou Clara Luciani. Ce sont des artistes émergents. J'aime aussi chanter du Francis Cabrel, du Marc Lavoine.
La guitare est une amie inséparable ?
Dès que j'ai un moment, je la prends et je compose. Cela me met à l'aise. C'est mon truc !
Vous vivez à la campagne. C'est un univers inspirant ?
Les espaces, l'air frais, cela me détend. Cela éveille ma créativité, bien plus que la ville et ses bruits. Je me vois bien me poser dans un parc pour composer mes chansons.
Quelle est votre playlist actuelle ?
Beaucoup de Hoshi, mais aussi de la variété française, de l'électro.
Vos parents sont-ils dans la chanson ? Ma mère est assistante à l'institut Pasteur et mon père électro-mécanicien. Rien à voir avec la musique !
Olivier Bohin