Pourquoi la délibération sur la maison de santé de Bien-Assis a électrisé le conseil municipal de Montluçon ?
Une fois n’est pas coutume, c’est une délibération votée à l’unanimité des élus du conseil municipal de Montluçon qui a déchaîné les débats les plus vifs, ce vendredi soir. Il y avait bien eu avant cela quelques escarmouches, mais la température est clairement montée d’un cran au moment de la présentation de la trente-deuxième et avant-dernière délibération.
Les loyers gratuits pendant un anEn jeu, un vote de l’urgence sur la mise à disposition des locaux de la maison de santé pluridisciplinaire de Bien-Assis, aménagée par la collectivité, et qui attend toujours ses premiers locataires.
La délibération va permettre au maire de mettre en œuvre la mise à disposition des locaux « à toute personne physique ou morale de droit privé exerçant une activité médicale ».
Autrement dit, aussi bien à des libéraux (médecins et infirmiers) qu’à l’Aparm (l’association de patients abandonnés en recherche de médecins) qui porte un projet pour salarier des médecins.
L'association qui veut salarier des médecins dans un centre de santé à Montluçon reçoit le soutien de l'ARS
À la clé pour les locataires : la gratuité des loyers pendant douze mois. Cependant, les fluides (eau, électricité) et les charges locatives resteront à la charge des arrivants.
Une délibération « petit bras » selon Frédéric KottC’est ce dernier point qui a lancé les hostilités. La charge la plus sévère est venue de Frédéric Kott (PS), par ailleurs médecin, qui a jugé la délibération « petit bras ».
Cela fait deux ans que nous évoquons la crise sanitaire qui se profile et qui n’est pour l’heure que balbutiante au vu des collègues qui vont partir à la retraite, notamment en fin d’année. Cette semaine, j’ai encore reçu treize appels de personnes qui cherchent un médecin
Frédéric Kott a alors haussé le ton pour demander que la délibération soit revisitée et un engagement immédiat du conseil sur des aides d’équipement ou encore de matériel.
Une attaque d'une « démagogie absolue » pour Frédéric Laporte« Ce que vous dites est d’une démagogie absolue car cela devrait aussi s’appliquer aux libéraux », s’est insurgé et emporté, le maire Frédéric Laporte (LR).
Il s'agit d'une délibération générale pour l’ensemble du plateau. Désormais, chaque structure physique ou morale va pouvoir venir nous voir et on pourra conclure un contrat. […] Vous parlez des besoins [de l’Aparm, NDLR], mais je les attends toujours. On ne peut pas juste agir sur un SMS reçu
Des hués dans la sallePrésents dans le public, plusieurs membres de l’Aparm ont alors hué l’élu, l’accusant « d’être un menteur » alors qu’ils quittaient la salle.
« Un bel exemple de montage politique », a lâché Frédéric Laporte avant de clore les débats et d’ajouter : « Je recevrai les personnes pour parler de tous les projets si elles veulent bien venir. »
Un peu plus tard dans la séance, Joseph Roudillon, leader de l'opposition de droite à la majorité, a regretté qu’on ne puisse « débattre sans toujours dériver vers l’attaque personnelle ».
À un peu plus de cinq mois des municipales, ce conseil de rentrée a donné le ton.
Michaël Nicolas