Nouveau scanner : ce que cela change à l’hôpital de Moulins
Il est canon, le petit nouveau à l’hôpital de Moulins. Trônant dans l’une des cours intérieures, du côté du pavillon Ambroise-Paré, le camion scanner de marque « Canon médical » est la nouvelle « attraction » de l’établissement, de l’équipe médicale, comme des patients, qui y accèdent notamment via un monte-charge.
Le camion scanner est installé depuis vendredi 14 juin dans une cour de l'hôpital, il devrait partir vers le 28 juin, quand le nouveau scanner sera installé pavillon Ambroise-Paré.
13.000 patients par anDu « dernier cri », le matériel vient faire l’intérim, alors que l’ancien scanner a été débranché lundi 17 juin, et que le nouveau sera mis en fonction à la fin du mois. « Le scanner qui est dans le camion et celui qui sera installé dans nos locaux sont de même qualité », précise la direction de l’hôpital.
Ce remplacement, ce n’est pas du luxe : « Il était largement nécessaire de changer le scanner », remarque le Dr Si M’hamed Bendjelid, radiologue, responsable du service d’imagerie médicale.
Dr Si M’hamed Bendjelid, radiologue, responsable du service d’imagerie médicale
« Il avait huit ans. Pour ce genre de matériel, les sauts générationnels s’expriment vite. Les améliorations arrivent rapidement, mais il faut attendre le renouvellement des machines pour en bénéficier ».
En outre, l’ancien scanner était « plus souvent en panne qu’à son tour », obligeant l’hôpital à envoyer régulièrement des patients à Decize ou à la clinique Saint-Odilon.
A propos des pathologies vasculaires : « Avant, c’est comme si on avait les images satellites d’une autoroute. Aujourd’hui, on peut voir aussi les nationales et les départementales ! On peut faire une cartographie 3D. Ça change la décision thérapeutique.
Il accueille une soixantaine de personnes chaque jour, soit plus de 20.000 actes chaque année et entre 12.000 et 13.000 patients différents par an. Bref, les attentes sont « fortes ». Car les capacités du nouvel engin sont intéressantes, et pas juste parce que « les irradiations sont moins importantes ».
Une soixantaine de personnes chaque jour utilisent le scanner.
Équipé "comme le CHU"« En cas d’AVC, on n’avait pas le même potentiel de diagnostic que le CHU à Clermont. Aujourd’hui, on peut parler d’égal à égal. Avant, on avait une ingénierie morphologique, aujourd’hui, nous explorons la physiopathologie de la matière cérébrale. On a une meilleure appréhension du volume cérébral lésé et de celui qu’on va pouvoir récupérer grâce à la thérapeutique. »
En oncologie, qui représente plus de 60 % de l’activité du service de radiologie, la détection des tumeurs, le suivi de leur croissance et de leur décroissance, sera plus sensible.
Idem pour les pathologies vasculaires : « Avant, c’est comme si on avait les images satellites d’une autoroute. Aujourd’hui, on peut voir aussi les nationales et les départementales ! On peut faire une cartographie 3D. Ça change la décision thérapeutique. Par ailleurs, quand nous communiquons sur un transfert avec le CHU, on fournit toute l’imagerie, ils n’ont pas besoin de tout recommencer de leur côté ».
Un équipement de ce genre coûte entre 500.000 € et 1 M€.
Si l’hôpital a refusé de nous communiquer le montant de l’achat et de la maintenance du scanner (surveillance électronique, remplacement des pièces avant la panne), un équipement similaire dans d’autres hôpitaux coûte entre 500.000 € et 1 M€, selon les marques (Siemens, Canon, Philips...), les négociations, et les travaux supplémentaires à entreprendre.
Mathilde Duchatelle