Affaire Théo: 1ère confrontation entre le jeune homme et les policiers
Une première confrontation était organisée aujourd'hui entre Théodore Luhaka, gravement blessé par un coup de matraque lors d'une interpellation en février 2017, et des policiers mis en examen dans cette affaire, a appris l'AFP de sources proches de l'enquête. Cette confrontation, la première depuis l'ouverture de l'information judiciaire, a débuté vers 14H00 dans le bureau du juge d'instruction au tribunal de Bobigny.
Le 2 février 2017, Théodore Luhaka, jeune homme noir de 22 ans, avait été gravement blessé par un coup de matraque au niveau de la zone rectale, lors d'une interpellation dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Dans cette affaire, quatre policiers sont mis en examen pour "violences volontaires aggravées", l'un d'eux étant aussi poursuivi pour "viol".
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La confrontation devait notamment permettre d'avancer sur la question du caractère ou non intentionnel du coup de matraque porté par le policier mis en examen pour viol. "Je l'ai vu avec sa matraque: il me l'a enfoncée dans les fesses, volontairement. Je suis tombé sur le ventre, j'avais plus de force", avait relaté Théo. Le coup a engendré une plaie de près de 10 centimètres longeant le canal anal et oblige le jeune homme à porter, depuis, une poche médicale. Mais l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait retenu, au vu des vidéos et des premières auditions, "le caractère non intentionnel" de son geste.
Une expertise, transmise récemment au magistrat instructeur et dont l'AFP a eu connaissance, note que le geste de ce policier est "conforme aux pratiques professionnelles" et a été réalisé conformément "au discernement possible et exigible de la part d'un policier dans ce genre de situation complexe d'intervention". Cette expertise, qui établit également que la matraque n'a pas pénétré l'anus mais "la partie périanale", pourrait entraîner une requalification des faits en "violences aggravées".
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