Aux Spurs, le délire des crânes rasés devient un vrai symbole de groupe
À San Antonio, il y a les systèmes, le développement patient, les longues soirées vidéo… et désormais, un nouveau marqueur identitaire : les crânes rasés. Ce qui ressemblait au départ à une simple blague de vestiaire est en train de devenir un symbole inattendu de la dynamique actuelle des Spurs, et du rôle central de Victor Wembanyama dans ce groupe.
Tout commence avec Victor et Keldon
Cette histoire a débuté dans la rage. Après la défaite frustrante, en milieu de semaine dernière, face à OKC, leur grand rival, Victor Wembanyama décide de se raser le crâne. Une idée qu’il avait déjà en tête, mais qu’il ne concrétise pas seul. Keldon Johnson est partant. Les deux passent à l’acte ensemble, dans une ambiance plus proche du pari entre potes que du rituel mystique.
Victor l’a raconté avec simplicité :
« J’y pensais depuis un moment, et le fait que Keldon veuille le faire aussi m’a convaincu. »
Rien de solennel. Juste un geste partagé qui rappelle que Victor n'en est pas à son premier coup de rasoir. Cet été déjà, lors de sa visite chez les moines Shaolin, il avait fait tomber la touffe et avait arboré la coupe GI, ou MJ, au choix.
Des crânes rasés en guise de pattes de lapin
Dans la foulée, les Spurs s'imposent, avec la manière, face aux Bucks. Victor exulte. Quelques jours plus tard, nouvelle grosse victoire, cette fois contre des Wolves en pleine bourre. Un match dur, tendu, physique, qui se joue dans les ultimes secondes. Un beau combat de tranchées comme les aimes Wemby mais surtout Keldon Johnson qui aligne 20 pions en sortie de banc.
Et ça continue la nuit dernière, nouvelle victoire face au Jazz et là, c'est Victor qui régale avec un match de mammouth, mais celui de Durfort, la version XXXXL de six mètres de long sur quatre mètres de haut. 33 points, 10 rebonds, 2 contres, 2 steals en....... 26 minutes. Plus propre et plus efficace qu'un Head & Shoulders Derma x Pro.
Bref, depuis le début du délire des crânes rasés, les Spurs sont invaincus (3-0). Évidemment, personne ne prétend qu’il y a un lien direct… mais personne ne se presse non plus pour casser la série.
Victor, interrogé sur le sujet après le match face au Jazz, s’amuse ouvertement :
« Je pense que toutes les équipes ont besoin de plus de joueurs chauves. Pour moi, c’est un signe de dévouement. »
Puis, quand on lui demande qui sera le prochain :
« Si je devais parier, je dirais Carter. »
Et quand le journaliste lui demande, avec humour toujours, s'il fait du lobbying pour influencer ses coéquipiers et leur imposer cette coupe, il a répond avec une belle ironie :
« Oui, clairement. Ça peut arriver. Je pense même qu’on devrait commencer à inclure ça dans les contrats, comme une condition. »
Stephon Castle, l'empêcheur de raser en rond
Évidemment, tout le monde n’est pas prêt à sacrifier sa tignasse. Stephon Castle, avec son dreadlock high-top fade bien reconnaissable, a rapidement coupé court... ou pas, justement.
« Ils savaient qu’il ne fallait même pas me demander. Je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus. Ça n’arrivera pas. »
Circulez, y'a rien à couper. Personne n’insiste. Personne ne force. Et c’est justement ce qui rend le truc sain.
Le phénomène s'emballe, les ball boys s’y mettent
Le moment où le délire bascule complètement ? Justement, hier soir, lors match face au Jazz, quand on remarque que les ball boys des Spurs se sont eux aussi rasé la tête, tout comme Victor, avant l’entre-deux au Frost Bank Center. Une scène improbable, drôle, qui fait le tour des réseaux et transforme une private joke de vestiaire en symbole collectif assumé.
À San Antonio, tout le monde est dans le coup. Ou au moins dans le sourire.
Plus qu’une blague, un vrai signal collectif
Derrière l’anecdote capillaire, il y a pourtant quelque chose de bien plus sérieux. Ce genre de délire ne prend jamais dans un vestiaire qui se crispe ou se fracture. Il naît quand le groupe vit bien, quand les joueurs se suivent, quand l’ambiance autorise le second degré et la confiance.
Victor Wembanyama n’a rien imposé. Il a lancé une idée, l’a assumée, puis l’a laissée vivre. Et c’est précisément là que se lit son leadership. Un leadership sans grands discours, mais avec une capacité évidente à fédérer, à entraîner les autres dans son sillage, parfois jusqu’à sortir la tondeuse.
Les Spurs sont encore en construction. Le projet est jeune. Mais entre les performances, la progression collective et ces petits signes de camaraderie très révélateurs, une chose est claire : le groupe vit bien. Et Victor, sans bruit, est déjà devenu un leader suivi, respecté… et suffisamment influent pour transformer une blague de vestiaire en marqueur d’identité.
Même chauve.