La cour d’appel de Paris
a finalement estimé, jeudi 3 décembre, que Bernard Tapie n’avait pas été lésé par le Crédit lyonnais, sa banque, le 15 février 1993, lors de la vente du groupe Adidas, cédé à un groupe d’investisseurs (parmi lesquels figurait justement le Crédit lyonnais, alors banque publique). Les époux Tapie, leurs sociétés et leurs liquidateurs judiciaires sont condamnés à rembourser les 285 millions d’euros devenus 404 millions avec les intérêts, versés en vertu de l’arbitrage qui a soldé en 2008 leur litige avec le Crédit lyonnais sur la revente d’Adidas, a précisé la cour d’appel de Paris. Ils devront également rembourser les coûts de la procédure d’arbitrage, soit 300 000 euros, précise-t-elle dans son arrêt. *** L'affaire Tapie/Adidas, devenue ces derniers mois l'affaire Tapie/Lagarde, illustre jusqu'à la caricature le mélange délétère, en France, des intérêts publics et privés. Je dénonçais déjà cette dérive en 1995 dans
un livre que j'avais alors commis, titré
Crazy Lyonnais. Cela fait plus de deux décennies maintenant que Bernard Tapie bénéficie de ce système. Fin 1992 début 1993, c'est un gouvernement de gauche, dirigé par feu Pierre Bérégovoy, qui fait preuve à son égard d'une générosité et d'une complaisance scandaleuses. Une banque publique, le Crédit lyonnais, et une de ses filiales, l'obscure et incontrôlée Société de banque occidentale (SDBO), après avoir financé sans ...
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