Le tacle en douceur d’un ancien de City à Rayan Cherki
Son talent est pur, sa technique soyeuse. Depuis son arrivée à Manchester City, Rayan Cherki est devenu le nouvel artiste de la Premier League, un « entertainer » qui régale le public de ses dribbles et de ses gestes venus d’ailleurs. Un vent de folie et de créativité dans un football de plus en plus robotisé. Mais ce style, aussi spectaculaire soit-il, ne plaît pas à tout le monde. Et la dernière mise en garde est venue d’une voix respectée du club, d’une légende qui a connu les exigences du très haut niveau.
« Tu n’es pas encore prêt à faire ça »
Cet avertissement, c’est celui de Gareth Barry. Dans un entretien exclusif accordé à GOAL, l’ancien milieu de terrain de Manchester City est revenu sur le geste qui a fait polémique il y a quelques semaines : une séance de jongles en pleine finale de la Carabao Cup, alors que son équipe menait au score. Un geste jugé « arrogant » par certains, un « insulte » par d’autres. Et si Barry se dit « fan » de la « flamboyance » du jeune Français, il estime que ce genre de fantaisie est encore prématurée.
« Je pense que Pep (Guardiola) lui fera comprendre qu’il n’est pas encore tout à fait prêt à faire ça pour le moment », a-t-il analysé, se mettant à la place du coach catalan. « Continue à marquer des buts, continue à jouer comme tu le fais, gagne quelques trophées de plus ici, et alors les jongles, tu pourras les faire aussi souvent que tu veux ». Un recadrage en douceur, une leçon de pragmatisme pour un joueur qui, selon lui, doit d’abord faire ses preuves avant de faire le show.
La culture de la gagne avant le spectacle
Cette sortie n’est pas un tacle, mais un rappel à l’ordre. Elle illustre la culture de la gagne qui prévaut à Manchester City, où l’efficacité et le résultat priment sur le spectacle. Pep Guardiola, qui a connu des génies comme Messi ou Ronaldinho, sait laisser de la liberté à ses artistes, mais il attend d’eux, avant tout, qu’ils soient décisifs.
Rayan Cherki, qui a encore tout à prouver outre-Manche, est prévenu. Son talent est une arme, il ne doit pas devenir un handicap. Il doit apprendre à l’utiliser à bon escient, à le mettre au service du collectif. Les arabesques, c’est bien. Les trophées, c’est mieux. Gareth Barry le sait, et il a tenu à le lui rappeler.