"Holding Liat": un documentaire explore l'intimité d'une famille israélienne victime de l'attaque du Hamas
Récompensé du prix du meilleur documentaire à la Berlinale l'année dernière, "Holding Liat" démarre quelques jours après l'enlèvement de Liat Atzili et de son mari, Aviv, dans le kibboutz de Nir Oz, l'un des plus durement touchés par l'attaque du 7-Octobre.
La caméra concentre d'abord son attention sur Yehuda, le père de Liat, qui est également un parent lointain du réalisateur Brandon Kramer.
"Nous sommes dirigés par des fous, que ce soit du côté israélien ou du côté palestinien. Et le résultat, c'est toujours la mort et la destruction", lâche Yehuda, également citoyen américain, qui prépare un voyage à Washington pour mobiliser la classe politique américaine. Parmi les 252 otages capturés par le Hamas, douze étaient citoyens américains.
Lors du voyage en compagnie d'autres familles d'otages, Yehuda retrouve son autre fille, qui a décidé d'habiter outre-Atlantique. Alors que le père veut absolument évoquer auprès des élus américains la responsabilité du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la soeur s'y oppose malgré sa haine du gouvernement israélien.
Une illustration parmi d'autres des divergences qui traversent la famille, clairement engagée à gauche et prônant la réconciliation avec les Palestiniens, dans la stratégie à mettre en place pour libérer Liat et Aviv.
Le fils cadet du couple, Netta, qui a survécu en bloquant lui-même la porte de la pièce de sécurité de son logement à Nir Oz face aux assaillants du Hamas, ne comprend pas non plus le souhait de son grand-père de politiser l'affaire.
"Comment peut-on coexister dans une telle violence ?", s'interroge la soeur de Liat, qui a décidé de ne plus vivre en Israël.
Liat a été libérée au bout de 54 jours de captivité. Son mari, lui, n'est pas revenu vivant. La fin du film se concentre sur elle, son deuil et sa manière de se reconstruire, alors qu'elle milite pour la paix et la fin de la violence.
"J'ai fait ce +doc+ pour montrer l'humanité de Liat et de sa famille. Il est fondamental de voir quelqu'un comme Liat qui, après avoir traversé tout ce qu'elle a traversé, exprime cette empathie pour les Palestiniens", a déclaré le réalisateur dans le dossier de presse du film, espérant ainsi "contribuer à mettre fin à ces horribles cycles de violence".