Binationaux : L’Algérie s’épargne un nouveau cas Fékir
Le traumatisme de l’année 2015 hante encore les couloirs de la fédération algérienne. À l’époque, le revirement de Nabil Fekir avait provoqué un véritable séisme national. Le prodige lyonnais avait finalement opté pour les Bleus après avoir donné sa parole aux Fennecs. L’Algérie avait alors dénoncé une pression étouffante de l’OL et de Jean-Michel Aulas. Aujourd’hui, la FAF change radicalement de méthode pour ne plus jamais revivre un tel affront. Elle décide désormais de sécuriser ses talents bien plus tôt.
Daryll Benlahlou : l’Algérie chasse à la source lyonnaise
L’Algérie refuse désormais d’attendre l’éclosion médiatique des pépites de l’académie rhodanienne. Elle souhaite désormais devancer les enjeux stratégiques des clubs formateurs. Daryll Benlahlou devient le symbole de cette nouvelle offensive. Selon La Gazette du Fennec, Rafik Saifi vient de convoquer l’attaquant de la réserve de l’OL. À seulement 19 ans, ce buteur prometteur intègre déjà les U23 algériens. Il a d’ailleurs lancé les démarches administratives pour obtenir son passeport national.
Cette convocation précoce représente un acte politique majeur. Le joueur n’est pas encore sous les projecteurs du monde professionnel. En agissant ainsi, l’Algérie lui offre un destin international immédiat. Elle coupe surtout l’herbe sous le pied de l’Olympique Lyonnais. Le club ne pourra pas transformer son jeune espoir en « actif » réservé à l’équipe de France. Cette stratégie vise à éviter les dilemmes cornéliens vécus par le passé. Dès lors, le projet sportif prime sur les pressions extérieures.
La leçon Fekir porte enfin ses fruits
Cette approche proactive confirme une tendance forte au sein de la sélection. Les arrivées récentes d’Amine Gouiri et de Houssem Aouar illustrent déjà ce succès diplomatique. Or, ces deux joueurs étaient déjà des éléments confirmés lors de leur changement de nationalité. Avec Benlahlou, la FAF descend d’un échelon pour verrouiller l’avenir. Elle s’assure ainsi de ne plus se faire « voler » ses pépites les plus brillantes. Cette méthode apaise également une relation historiquement tendue entre Alger et Lyon.
Pour Daryll Benlahlou, ce choix du cœur intervient avant les calculs de carrière. Il s’épargne une attente pesante et des débats médiatiques épuisants. Pour l’Algérie, c’est l’assurance de protéger son réservoir de talents le plus prolifique. La leçon de l’affaire Fekir semble enfin totalement retenue par les dirigeants. La passerelle entre Lyon et les Fennecs devient désormais un itinéraire naturel et apaisé. Le futur de la sélection nationale se construit aujourd’hui dans l’anticipation et la fermeté.