Guerre en Iran : l'armée française envoie des Rafale auprès de ses alliés arabes
Dans la plus grande discrétion, l’armée de l’air française a considérablement renforcé ses capacités au Moyen-Orient. Selon nos informations, pas moins de vingt-quatre Rafale seraient actuellement présents en Jordanie et aux Emirats arabes unis. Depuis le début des frappes de la République islamique, ces appareils ont abattu des "dizaines" de drones iraniens, essentiellement dans le ciel des Emirats. Une source assure que "les Rafale décollent et rentrent au bout de trois quarts d’heure, leurs munitions épuisées…"
En temps normal, la France maintient quatre Rafale sur la base H5 en Jordanie et six autres à Al Dhafra, au sud d’Abu Dhabi.
Le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Jérôme Bellanger, s’est rendu sur place ce week-end. Aucun ministre ou responsable politique n’a fait le déplacement.
Un million d'euros le missile
La France est liée par des accords de défense avec plusieurs pays de la région, notamment les Emirats, le Qatar et dans une moindre mesure le Koweït. Leur contenu exact n’a jamais été rendu public. La France est également fortement engagée en Jordanie et en Irak.
L’intensité des tirs contre les drones pèse déjà sur le stock réduit de munitions – essentiellement celui des missiles air-air Mica. Chaque missile coûte un peu moins d’un million d’euros… Il faut une trentaine de mois à l’industriel MBDA pour livrer un Mica, une fois la commande passée. Comme l’avait dit Emmanuel Macron, lors de ses vœux aux armées, le 15 janvier dernier : "Est-ce que nous sommes en économie de guerre ? La réponse est non."
Les drones iraniens peuvent également être "traités" au canon de 30 mm, dont le Rafale est équipé. Mais tirer au canon nécessite de s’approcher à environ un kilomètre de la cible, alors qu’un missile peut engager une cible à plusieurs dizaines de kilomètres. Le canon du Rafale ne dispose que de 125 obus, ce qui ne permet de tirer que quelques secondes.
Parallèlement aux Rafale, la France a déployé dans la région des "systèmes de défense anti-aérienne et des radars aéroportés" (Awacs). Jusqu’à présent, les moyens aériens français dépendaient des systèmes de détection émiratis et surtout américains.
Pas de communication
De telles opérations aériennes ne peuvent se faire qu’en étroite coopération avec le commandement américain dans la région (CentCom) qui assure le contrôle du ciel à partir de la base d’Al-Udeid au Qatar.
On peut s’étonner de l’absence quasi-totale de communication des autorités françaises sur ces succès militaires remportés par notre aviation de chasse. Volonté diplomatique de Paris de faire profil bas, alors même que l’aviation française ne participe qu’à la défense du ciel de nos partenaires ? C’est sans doute le cas.
Cela contraste fortement avec l’accent mis sur le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, sur lequel le président de la République s’est rendu le 9 mars. Or, pour l’instant, les Rafale M du groupe aérien du Charles-de-Gaulle ne semblent pas être directement engagés dans ces opérations.