Tourisme : Singapour, l’échappée verte en pleine ville
Partir loin pour mieux déconnecter. Malgré les difficultés économiques et les tensions géopolitiques, le tourisme n’a cessé d’augmenter ces dernières années (1,52 milliard de voyages en 2025, selon l’Organisation mondiale du tourisme). Mais pas n’importe comment. En 2026, la tendance est aux vacances Jomo (Joy of missing out, comprenez "la joie de manquer quelque chose"), c’est-à-dire privilégier des séjours plus calmes et plus immersifs, quitte à privilégier des destinations stars. L’Express en a sélectionné quelques-unes, de l’île Maurice au Japon, en passant par le Canada et Singapour. Et cette année, selon le voyagiste Sunweb, les Français anticipent davantage (+ 30 % des voyageurs par rapport au début de l’année dernière). Il convient donc de se hâter aujourd’hui pour s’offrir aux beaux jours des vacances lentes.
Se mettre au vert en pleine ville ? L’idée n’est pas antinomique pour cette cité-Etat, voulant concilier développement urbain, qualité de vie et durabilité environnementale. Une politique engagée dès 1967 par le Premier ministre Lee Kuan Yew, qui souhaitait transformer Singapour en une "belle cité-jardin avec des fleurs et des arbres, sans ordures, et aussi ordonnée que possible". Peu à peu, la ville se métamorphose et les autorités votent en 1975 le Parcs and Trees Act afin de maintenir la végétation et imposer un aménagement paysager dans tout projet de développement industriel ou d’habitation.
Depuis 2005, un programme écologique avec des normes strictes
Une promenade à travers les avenues centrales de Downtown permet d’admirer les créations des architectes : le ParkRoyal Collection, un hôtel dont les terrasses plantées et les jardins suspendus constituent 15 000 m² d’espaces verts ou le CapitaGreen, une tour de bureaux imaginée comme une plante grimpante vers le soleil ; sans oublier Capita Spring, un gratte-ciel biophilique (reconnecter les habitants avec la nature), surnommé Green Oasis abritant un jardin botanique et une ferme expérimentale en hauteur. En 2005, le programme Green Mark instaure des normes écologiques strictes pour les bâtiments et un recyclage des eaux usées, Singapour devenant ainsi un modèle mondial en matière d’autonomie hydrique. Si la végétalisation des façades et des cours intérieurs ainsi que la présence de toits jardins rend la vie plus agréable, elle réduit efficacement l’usage de l’air conditionné et absorbe les eaux de pluie.
Aujourd’hui, la ville poursuit son action dans le cadre du Singapore Green Plan 2 030 et vient d’inaugurer une Galerie de la Durabilité au cœur des célèbres Gardens by the Bay, Avec plus de 60 espèces végétales résistantes aux crues, le jardin-pluie illustre la filtration des eaux et l’élimination des impuretés. Il offre aussi une balade incontournable de jour, à la découverte des serres tropicales, comme de nuit, lorsque ses Supertrees s’illuminent. Ces impressionnantes structures, qui peuvent mesurer jusqu’à 50 mètres de hauteur, sont des écosystèmes naturels autonomes avec, d’un côté des panneaux solaires photovoltaïques pour l’éclairage nocturne et, de l’autre, des collecteurs d’eaux de pluie pour l’irrigation des jardins et le refroidissement des serres voisines.
Plus au nord, d’autres parcs valent le détour comme les jardins thérapeutiques de Jurong Lake Gardens, Bishan-Ang Mo Kio Park ou le Botanic Garden, classé à l’Unesco. Conçues comme des îlots de calme, ces zones sont aménagées pour la détente et la stimulation sensorielle.
S'immerger dans la biodiversité tropicale
Pour un parcours moins bucolique et plus randonné, direction le sud-ouest de la cité avec les Southern Ridge reliant cinq parcs et une vue imprenable sur le front de mer. Au niveau du Telok Blangah Hill Park, il faut emprunter une passerelle métallique qui serpente au-dessus de la canopée et permet de s’immerger dans la biodiversité tropicale. Au bout du circuit, entre plage, forêt tropicale et une ancienne forteresse militaire britannique, la Labrador Nature Reserve reste le meilleur endroit afin d’observer la faune et la flore de Singapour.
Enfin, retour en centre-ville pour suivre l’une des voies vertes du Park Connector, Reliant parcs, jardins et zones vertes de la ville, ces itinéraires invitent piétons et cyclistes à ralentir. Au crépuscule, la Marina Promenade Trail dévoile des vues splendides sur la skyline végétale et le coucher de soleil peut s’admirer depuis le sommet du Marina Bay Sands. Idéal pour ponctuer la journée dans ce paradis vert.
Où séjourner ?
Au cœur de la ville, à deux pas du jardin botanique, réservez à l’hôtel St Régis, dont les chambres fraîchement rénovées associant teintes naturelles et motifs floraux font écho au parc. En plus d’une piscine oasis et d’une importante collection d’œuvres d’art, l’établissement reste fidèle à la tradition du légendaire St. Regis de New York avec un service de majordome pour tous les clients. (A partir de 345 € la nuit).
Situé en face du mythique Raffles, le JW Singapore South Beach est une adresse idéale pour profiter de la marina, des jardins et des musées.
Création de Philippe Starck, il signe des espaces modernes et colorés mais aussi un grand jardin dans lequel les hôtes peuvent déambuler librement entre les plantes aromatiques, les fruits et les légumes que le chef utilise dans un esprit de circuit court. (À partir de 390 € la nuit).
Comment y aller ?
La nouvelle Première Air France, le voyage réinventé.
Le 1er mai 1976, la compagnie française inaugurait la liaison Paris-Singapour. Cinquante ans plus tard, l’anniversaire se fête avec le lancement de la nouvelle Première, une suite modulable de 3,5 mètres carrés, composée d’un fauteuil, d’une méridienne et de cinq hublots pour une expérience de confort inédite. Sièges en cuir et tissu, éclairage doux, service en porcelaine et même un pyjama signé Jacquemus, Air France cultive raffinement extrême. Au départ de Singapour, le chef triplement étoilé Julien Royer élabore une carte sur-mesure composée de plats cosmopolites.