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Cigarette interdite dans les lieux publics : non, la lutte contre le tabagisme n'est pas liberticide

Le gouvernement a décidé d’interdire la consommation de cigarettes sur les plages, dans les parcs, dans les Abribus et près des écoles à partir du 1er juillet. La logique édictée par la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, est la suivante : "Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître." Bravo ! Certains dénoncent cette mesure comme liberticide, notamment chez mes amis libéraux. En quoi, disent-ils, l’Etat serait-il légitime à nous interdire de nous faire du mal ? N’est-ce pas déresponsabiliser les parents que de laisser la puissance publique protéger par la contrainte la santé de leurs enfants ?

Cet argument purement moral occulte la dimension financière et économique du problème. Un point largement absent de cette discussion, et des débats sur la santé en règle générale, est que la consommation de tabac coûte cher à la société. Or, qu’on le veuille ou non, dans tous les pays développés, les dépenses de santé sont plus ou moins mutualisées. En France, elles le sont encore plus qu’ailleurs, puisqu’elles sont prises en charge à plus de 90 % par l’Assurance-maladie et les complémentaires. Cela signifie que les comportements sanitaires délétères, comme le fait de fumer, ne concernent pas seulement les personnes qui s’y adonnent mais la société tout entière.

Tu fumes ? Je paie tes soins. Cette règle fait partie de notre contrat social et c’est une idée de solidarité proprement grandiose. La remettre en cause serait contraire à nos traditions. Mais il doit y avoir une contrepartie à cette générosité, qui s’appelle la prévention, domaine dans laquelle la France accuse un retard sur la moyenne des pays de l’OCDE. Autrement dit, même si fumer reste permis, les pouvoirs publics, qui sont en quelque sorte les actionnaires de l’Assurance-maladie, ont toute légitimité pour mettre en place des contraintes en matière de prévention. Il n’y a rien de moral ou d’immoral là-dedans, juste un acte de saine gestion.

Un déficit de plus de 5 milliards d’euros par an

Cette saine gestion, nos comptes publics et sociaux en ont plus que jamais besoin. La consommation de tabac coûte cher, pour un rendement fiscal modeste. Les taxes qui la frappent rapportent, selon les années, entre 13 et 15 milliards d’euros, et la tendance est plutôt baissière car, heureusement, les ventes de paquets de cigarettes reculent. D’après une étude publiée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, le coût des traitements et des hospitalisations directement imputables au tabac s’élevait, en 2019, à 16,5 milliards d’euros, essentiellement lié aux pathologies cardiovasculaires, respiratoires et aux cancers. En indexant ce chiffre sur l’évolution moyenne des dépenses hospitalières et sur l’augmentation du coût des traitements, on arrive à environ 20 milliards d’euros aujourd’hui.

Ainsi, sans même prendre en compte le coût social colossal lié au tabac, qui intègre la valeur des vies perdues et les pertes de productivité pour l’économie, le déficit annuel s’élève à plus de 5 milliards d’euros, financé par la dette, c’est-à-dire par les prélèvements obligatoires futurs. Les libéraux qui ne voient que l’aspect moral des choses devraient se renseigner sur ces aspects économiques. La consommation de tabac est à la fois un fléau sanitaire et un fardeau financier. Une politique publique est donc parfaitement fondée à adopter des mesures antitabac.

Des résultats tangibles à l’étranger

Le projet estival du gouvernement est-il le bon ? D’après les expériences étrangères, cela semble être le cas. La consommation de tabac tue plus de 75 000 personnes chaque année en France et reste la première cause de mortalité "évitable". Près d’un quart de nos concitoyens fument quotidiennement. L’augmentation du prix du paquet a atteint ses limites, en entretenant la contrebande. La Finlande, l’Australie, la Suède, l’Espagne ou le Canada, qui ne sont pas exactement des pays liberticides, ont limité la consommation de tabac en extérieur avec des résultats tangibles, notamment sur la consommation des plus jeunes. Accessoirement, la Catalogne a noté une baisse du nombre de mégots jetés sur les plages. Si cette politique est accompagnée d’une signalétique claire, d’amendes élevées - supérieures à 100 euros -, de contrôles intensifs, du moins au début, et d’une communication insistant sur les bénéfices environnementaux, en termes de propreté des espaces naturels, elle sera couronnée de succès.

Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, est directeur du cabinet de conseil Astères

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