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Jeffrey Epstein, l’homme aux 100 000 contacts

Le sombre profil de Jeffrey Epstein révèle que, derrière la mise en scène sophistiquée du pouvoir des États et de nos élites, se dissimule un univers bien plus trivial, obsédé par le sexe et l’argent — ces totems immuables et éternels qui traversent toutes les sociétés humaines.


Qui était réellement Jeffrey Epstein ? Et, surtout, que dit-il du monde tel qu’il était et tel qu’il est encore présentement ? Ces questions restent partiellement irrésolues, même s’il est déjà possible de tirer quelques conclusions de ce feuilleton politico-médiatique désormais vieux d’une vingtaine d’années ; Non, tout n’a pas encore été dit sur le Lolita Express, ses passagers, ses correspondants réguliers, leur volonté de domination, leurs vices et leurs peurs. Avec la dernière révélation de plus de 3 millions de documents, encore en cours d’analyse, c’est un univers qui se dévoile, où l’entregent et le réseau compte plus que le talent et le savoir-faire. Un univers dont les acteurs « tremblent » de peur, ainsi que l’a justement rappelé Philippe de Villiers.

Jeffrey Epstein côtoyait tout ce que la bonne société globalisée compte de personnes importantes. Princes européens et princes arabes voisinaient les directeurs d’agence de mannequins, les grands financiers new-yorkais, les agents secrets russes et israéliens, les chefs d’Etats, les artistes, les spin doctors et les scientifiques les plus reconnus. Il était un prince de ce monde, dont la principale compétence consistait à mettre en relation des milieux proches qui pouvaient se croiser sans se connaître.

Le New-Yorkais était aussi un fixer, capable de trouver en quelques heures un moyen de blanchir de l’argent via les services de paiement en ligne de jeux-vidéos, de dénicher une demoiselle de compagnie russe pour un grand dirigeant en voyage à Paris, ou encore de négocier la vente d’un système de cybersécurité à un Etat africain. L’homme n’avait pas réellement de « métier » au sens où le commun des mortels l’entend : il faisait profession de distiller son influence. Raison pour laquelle il s’affichait constamment avec les plus puissants, montrant ainsi qu’il en était.

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Comment expliquer d’ailleurs autrement que Jeffrey Epstein fut capable de s’infliger les longs monologues narcissiques de Jack Lang au cours de dîners mondains parisiens ? il avait besoin de l’ancien ministre de la Culture pour pénétrer les cercles de pouvoir français. Jack Lang lui prêtait son aura en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes, de prêts de chauffeurs et de maisons, d’investissement dans des structures spéculatives destinées à l’achat – désintéressé et de l’ordre du mécénat selon la famille Lang – d’œuvres de jeunes artistes inconnus qui, par magie, allaient évidemment devenir les coqueluches du marché…

Le dévoilement des courriels d’Epstein, l’homme aux 100.000 contacts, est donc apocalyptique au sens étymologique du terme. Cela montre que le roi est nu. Derrière la sophistiquée mise en scène du pouvoir des Etats se cache un monde finalement médiocre, obnubilé par le sexe et l’argent, totems éternels de toutes les sociétés humaines. Pour réussir dans les affaires, il faut connaître des Jeffrey Epstein, ces hommes qui ouvrent des portes, qui permettent d’enjamber les salamalecs protocolaires et les barrières administratives. Au sein de l’hyperclasse mondialisée, on se joue des règles et des convenances. Le puissant s’affranchit de la morale commune, perçue comme anachronique, presque pathétique. Rien n’est tabou, rien ne peut être refusé à ceux qui possèdent tout. Y compris le plus choquant, sorti des pages de Sade ou Pasolini.

Un système d’exploitation de filles rôdé et vicieux

Et, de fait, Jeffrey Epstein s’est longtemps pensé intouchable. Tout commence au printemps 2005. À Palm Beach, une mère décroche son téléphone et appelle la police : sa fille de 14 ans aurait été approchée par une femme lui proposant une soirée dans la demeure d’un richissime financier new-yorkais. La mission est simple, l’approche bien rôdée : un massage, en petite tenue, contre 300 dollars de pourboire. Une somme ridicule à l’échelle de la fortune de Jeffrey Epstein — l’équivalent d’un demi-centime pour le commun des mortels.  Epstein se retrouve inscrit au registre des délinquants sexuels et finit derrière les barreaux… mais dans une prison très particulière. Six jours sur sept, il est autorisé à quitter sa cellule pour aller travailler à son bureau. Une faveur indécente, qui passe très mal aux États-Unis, pays rarement connu pour sa mansuétude envers ce genre de criminels.

Selon plusieurs employés de maison, Epstein recevait quotidiennement des « massages », presque toujours prodigués par des jeunes filles différentes. À l’époque, certains enquêteurs affirment même qu’il filmait systématiquement ce qui se passait entre les murs de sa résidence — y compris lorsque des invités étaient de la partie. De quoi constituer une confortable réserve de moyens de pression sur des politiciens et partenaires d’affaires ? La question est posée. Solidement défendu par le gratin du barreau américain — parmi lesquels Alan Dershowitz — Epstein s’en est pourtant sorti. Un parcours presque exemplaire pour cet enfant de Brooklyn issu d’un milieu modeste, dont les dons en mathématiques avaient attiré l’attention d’Alan Greenberg, le tout-puissant patron de la banque Bear Stearns, devenu son parrain et mentor.

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Si l’affaire s’était arrêtée là, elle serait restée un banal exemple de justice à deux vitesses, une démonstration de plus de ce que l’argent permet d’acheter. Mais Epstein n’était pas un homme ordinaire. Il avait surtout un carnet d’adresses spectaculaire. En 2015, Virginia Roberts relança contre toute attente la machine judiciaire – elle a depuis mis fin à ses jours -. Elle accuse alors l’ami de Bill Clinton et de Donald Trump — ce dernier ayant pris ses distances au milieu des années 2000 en expliquant qu’Epstein aimait les femmes autant que lui… mais beaucoup trop jeunes. Secret jusqu’à la manie, Epstein conservait des carnets détaillant les noms de ses invités, ses résidences, ses bateaux, et surtout son jet privé, le fameux « Lolita Express », avec lequel il convoyait de jeunes et jolies recrues vers ses lieux de villégiature et de débauche.

Ils savaient tous mais n’ont rien dit : un réseau affranchi d’idéologie

Exemplaire de l’affaire Jeffrey Epstein sous nos latitudes hexagonales, la famille Lang est typique de ces personnalités d’élite qui ont sciemment fermé les yeux, et probablement minimisé en privé les faits reprochés à leur charmant ami. Ces derniers jours, Jack Lang et sa fille Caroline se sont enfoncés dans l’indécence, multipliant les omissions et niant les évidences qu’ont fait apparaître leurs échanges. Caroline Lang a même osé se présenter en mère célibataire sans le sou pour expliquer les raisons ayant poussé Epstein à lui léguer plusieurs millions d’euros… Elle et son père ont nié avoir été ses intimes, et même ses amis, alors qu’ils l’invitaient à des dîners de famille. Un échange révèle que Jack Lang et sa fille se vantaient auprès d’Epstein de prendre la défense de Woody Allen ou Roman Polanski.

Au sein de ce microcosme, la réputation n’est jamais vraiment salie. Elle ne l’est pas tant qu’un homme n’est pas définitivement condamné et exposé en place publique. Autrement, ses vices sont vus comme des lubies et les avantages procurés beaucoup plus significatifs que les risques pris. Il se peut même que son goût des très jeunes filles fut vu comme excusable. Il s’agissait de « prostituées », de Lolitas ayant bénéficié de la protection d’un pygmalion riche et savant, etc. Après tout, le prince Andrew lui-même avait eu l’occasion de goûter à ces massages, qui sommes-nous donc pour juger des mœurs des uns et des autres. Et quand bien même, certaines furent contraintes et menacées de chantage, tant que cela n’était pas su, on pouvait bien s’accommoder d’un homme d’un commerce aussi agréable en société.

Les Lang ont-ils eu honte de voisiner des personnalités sulfureuses d’autres bords politiques dans ces dossiers ? Car Jeffrey Epstein était un homme très adroit. Volontiers raciste dans ses échanges, de manière assez primaire, il n’était pas homme aux fidélités idéologiques. Outre Noam Chomsky, l’homme échangeait avec une grande régularité avec Steve Bannon, l’une des figures de l’alt-right et de l’internationale populiste. L’ambiance était à la plaisante complicité entre les deux hommes, Bannon préparant alors un documentaire visant à rétablir l’image du financier. Les échanges portaient notamment sur la géopolitique ou les stratégies à employer pour réussir à amadouer Donald Trump.

Avec Ehud Barak, Jeffrey Esptein devisait du remplacement des Israéliens d’origine mizrahis par des Russes fraîchement convertis. Avec Jean-François Gariépy ou Peter Thiel, l’homme d’affaires se plaisait à rêver de manipulations génétiques et d’eugénisme, de « lumières obscures », de manipulation des masses. Multicarte, Jeffrey Epstein était un de ces mauvais génies qui, du World Economic Forum à Riadh en passant par Moscou, mettait de l’huile dans les rouages d’un monde cynique où les idéologies comme les croyances ont fait la place à l’astuce et à la malignité.

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