Les principaux piliers du pouvoir iranien
Voici les principaux piliers du pouvoir iranien, en place depuis la création de la République islamique en 1979:
Guide suprême
Le guide suprême est désigné à vie par l'Assemblée des experts, élue au suffrage universel.
En théorie placé sous le contrôle de cette haute instance religieuse, il garde en pratique le dernier mot sur les grandes orientations, tant en politique intérieure qu'extérieure.
Il nomme les responsables des principales institutions, dont le chef du pouvoir judiciaire, la moitié des membres du puissant Conseil des gardiens de la constitution, les commandants militaires et le directeur de la radiotélévision d'Etat.
En sa qualité de commandant en chef, il supervise l'ensemble des appareils de sécurité, militaires et de renseignement.
L'ayatollah Ali Khamenei, 86 ans, occupe cette fonction depuis le décès en 1989 du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeini.
Depuis, il a traversé plusieurs crises en y répondant surtout avec la répression. Récemment, il a été confronté à la guerre de 12 jours en juin 2025 avec Israël, à l'affaiblissement des alliés régionaux de l'Iran et aux récentes manifestations de masse.
Responsables élus
Les Iraniens votent pour le président, le Parlement et l'Assemblée des experts. Toutefois, les candidatures doivent être validées par le Conseil des gardiens de la constitution, composé de 12 membres, limitant le champ des choix possibles.
Elu pour quatre ans, le président dispose de prérogatives moindres que celles du guide suprême, moins exposé que lui publiquement. Il pilote notamment la politique économique, un défi majeur dans un pays fragilisé par les sanctions internationales. Les récentes vagues de protestation ont d'ailleurs été déclenchées par le mécontentement lié à la situation économique.
L'actuel président, Massoud Pezeshkian, compte parmi les figures les plus modérées à avoir occupé ce poste. Il a été autorisé à engager des réformes prudentes et à tenter un rapprochement avec les pays occidentaux.
Sa marge de manoeuvre reste toutefois limitée par le guide suprême, en particulier dans la confrontation avec le "grand Satan", les Etats-Unis, et leur allié, Israël.
Le président nomme des vice-présidents et les membres du gouvernement, qui doivent être approuvés par le Parlement monocaméral. Les lois adoptées par le Parlement --actuellement majoritairement conservateur-- doivent ensuite recevoir l'aval du Conseil des gardiens.
En cas de désaccord, le Conseil de discernement, qui s'apparente à un Conseil d'Etat et qui est composé de hauts responsables, tranche les litiges.
Forces armées
Les forces armées iraniennes se composent de l'armée régulière et des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. L'ensemble relève du guide suprême par l'intermédiaire de l'Etat-major général des forces armées, principal organe militaire.
Les Gardiens de la Révolution constituent un pilier clé de la République islamique. Organisation vaste et structurée, ils disposent de moyens importants et exercent une influence qui s'étend à l'économie, la politique et la société.
Accusés par les pays occidentaux d'ingérence militaire à l'étranger et de violations répétées des droits humains dans le pays, plusieurs de leurs hauts responsables ont été tués lors de la guerre de 12 jours avec Israël en juin.
Ces pertes ont révélé la profonde infiltration des services de renseignement israéliens au sein du pouvoir, y compris parmi les Gardiens. Les commandants tués ont toutefois été rapidement remplacés.
Les décisions en matière de sécurité nationale sont prises par le Conseil suprême de sécurité nationale, conformément aux orientations du guide suprême. Cet organe est présidé par le président et comprend des responsables gouvernementaux, judiciaires et militaires de premier plan.
Ali Larijani, personnalité clé du pouvoir, est l'un des deux représentants du guide suprême au sein du Conseil.
Après la guerre avec Israël, le Conseil suprême de sécurité nationale a créé un nouvel organe chargé de renforcer les capacités militaires et les stratégies de défense du pays: le Conseil national de défense, dirigé par l'ancien ministre de la Défense et conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani.
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