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Enseignement supérieur : à quoi les jeunes diplômés doivent-ils s’attendre en 2030 ?

Manuelle Malot, directrice carrière et prospective à l’Edhec, parle d’une "boule de cristal", qui lui serait nécessaire pour parvenir à dresser l’état du marché du travail en 2030 et, partant, les attentes des employeurs vis-à-vis des jeunes diplômés. Vincent Monfort, directeur offres et solutions entreprises d’Audencia, évoque pour sa part "une équation à plusieurs inconnues". Le constat est donc clair, ou plutôt ne l’est pas : jamais la visibilité des entreprises, des écoles et des étudiants, n’aura été aussi brouillée qu’à l’heure actuelle, même à un horizon relativement court.

En cause : la situation géopolitique, l’instabilité politique en France et la relative morosité économique… Mais il est un autre facteur, plus essentiel encore, qui a déjà commencé à redessiner une partie du paysage de l’emploi et dont on ignore comment lui-même évoluera. Il a bien sûr pour nom l’intelligence artificielle (IA).

"Les entreprises sont encore plus dans le flou qu’il y a trois ans, quand ChatGPT a été lancé, relève Manuelle Malot. Même celles qui produisent l’IA sont incapables de nous dire quels seront ses effets précis sur le marché du travail !" La directrice ne cache pas une certaine inquiétude, qui a trait à l’impact des IA génératives (IAG) sur les premiers échelons qui servent à se former, et pointe d’emblée une contradiction. "Les cabinets d’audit s’attendent par exemple à ce que leurs postes junior 1 et 2 soient massivement remplacés par des IA. Mais comment les échelons suivants, le senior 1 et le senior 2, pourront-ils encadrer leurs équipes et challenger la réponse de l’IA s’ils n’ont pas pratiqué les bases du métier ?" Et l’on peut poursuivre le raisonnement : comment accéder à un poste "senior" si l’on ne passe jamais par la case junior ?

La question se pose aussi pour les cabinets de juristes, de conseil et pour les ingénieurs. Gilles Gateau, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), cite pour sa part une récente étude de l’université états-unienne de Stanford, qui délivrait un constat sans appel. De 3 à 6 % d’embauches en moins de débutants dans les secteurs où l’IAG est fortement utilisée. En revanche, on n’observe pas de substitution notable pour les personnes plus expérimentées en l’état actuel des performances des IAG du moins.

Des opportunités

De son côté, Vincent Monfort veut voir les opportunités qui seront créées par cette technologie, notamment le développement de métiers "liés à la cybersécurité et aux données. Demain, il faudra comprendre comment fonctionne l’outil et comment l’utiliser : on n’accomplira plus certaines tâches, mais on contrôlera la production de l’IA." Selon lui, les métiers de la vente vont perdurer, ceux de la santé également tandis que les métiers dits technico-commerciaux pourraient avoir le vent en poupe. Autrement dit, pas de fatalisme. "Il y a quelques années, on disait que le CV allait disparaître. Aujourd’hui, on vous demande toujours un CV…"

Les incidences de l’IA sur le marché de l’emploi pourraient en outre être atténuées par un facteur implacable : le changement démographique. D’une part, le départ en retraite des générations nées entre 1960 et 1970 va s’étirer jusqu’en 2035. De l’autre, la baisse de la natalité, qui a déjà un effet sur le nombre d’écoliers, aura des conséquences dans quelques années sur celui des étudiants. "Les deux phénomènes conjugués vont compenser en partie les destructions de postes, si elles ont lieu", relève Manuelle Malot.

Les tensions sur le marché du travail pourraient également avoir un impact sur des tendances observées ces dernières années, notamment la recherche d’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, illustrée notamment par l’avènement du télétravail. "Entre 2005 et 2010, les jeunes qui sortaient de l’école nous demandaient des stock-options, relate François Eisenreich, PDG de Kep Metal, société de chaudronnerie spécialisée dans l’aéronautique. Aujourd’hui, les salariés ont besoin de donner plus de sens à leur carrière, quitte parfois à la mettre entre parenthèses. Le rapport entre les entreprises et leurs collaborateurs a donc changé et il s’agit maintenant de faire adhérer les cadres à une stratégie de manière plus continue. Je ne vois pas comment on pourrait faire machine arrière sur cette dimension."

Gilles Gateau éprouve le même ressenti : "Les entreprises s’adaptent, d’autant qu’on a constaté que le télétravail, par exemple, n’était pas un ennemi de la productivité et de la qualité. Des salariés bien dans leur peau travaillent mieux. Mais il est vrai que l’état du marché pèse sur le seuil à partir duquel on accepte de transiger. Depuis qu’il ralentit, la proportion de ceux prêts à faire des compromis augmente, par pragmatisme." Manuelle Malot voit également remonter "depuis deux ans la question de la rémunération, qui était sortie du podium des objectifs professionnels des jeunes diplômés entre 2019 et 2023. A la seconde place, on trouve le fait d’être utile à la société et, à la première, l’épanouissement personnel."

A ce titre, les préoccupations liées au changement climatique occupent une place majeure chez les jeunes générations. Si Vincent Monfort estime le sujet "mis en pause" en raison d’investissements "fléchés vers l’IA", il le voit revenir au premier plan. "Les entreprises qui tourneront le dos à cette problématique risquent de ne pas attirer certains profils et certaines compétences", avertit-il. "Les jeunes attendent de leur employeur qu’il se montre responsable, appuie Gilles Gateau. L’intérêt à long terme de la société et des entreprises est de redonner la vision et de s’inscrire dans une trajectoire moins anxiogène."

Face à ces nombreuses zones d’ombre, on trouve néanmoins quelques lumières et quelques certitudes. Il est acquis, par exemple, que les compétences comportementales joueront un rôle essentiel. "Les techniques peuvent vite devenir obsolètes, poursuit Gilles Gateau. Il faudra donc avoir une capacité d’adaptation, une capacité à apprendre, une curiosité, une agilité intellectuelle. Savoir travailler en équipe et savoir être autonome sans être individualiste. Ces compétences-là, ce n’est pas l’intelligence artificielle générative qui va les remplacer, car elles sont intrinsèquement humaines". Et d’insister sur l’importance de l’alternance, dont les budgets diminuent depuis peu. "Il y aura certainement un besoin de plus de flexibilité, juge François Eisenreich. Les cadres devront être pluridisciplinaires, pouvoir rebondir sur des éventails plus larges, ou bien être ultra-spécialisés…"

Selon Manuelle Malot, les jeunes diplômés de 2030 devront donc "faire preuve d’imagination, de créativité. Avancer en faisant. Savoir coopérer de façon horizontale. Apprendre à apprendre, mais aussi à désapprendre. Tout cela concourant à la formation d’une tournure d’esprit ouverte". Avant de reconnaître : "Mais on avance un peu à l’aveugle."

Dans la grande incertitude actuelle, Gilles Gateau insiste sur un point : "Une petite musique se répand sur le fait qu’à l’heure de l’IA générative, il ne servirait plus à grand-chose de suivre des études. Or l’éducation ne fait pas que préparer aux besoins immédiats du marché du travail, mais aussi aux besoins futurs. Et elle forme des gens capables d’apprendre et de développer une intelligence propre, qui n’est pas celle des intelligences artificielles. Si on imagine qu’on va pouvoir s’en passer, on s’expose à des réveils difficiles." En 2030, les études seront donc toujours nécessaires. Plus que jamais, même.

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