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En Chine, l'excédent commercial record masque une autre réalité

Dans le folklore chinois, le terme shashoujian - ou "masse de l’assassin" - désigne une arme légendaire permettant de terrasser un adversaire a priori plus puissant. La métaphore est intemporelle : en 2020, Xi Jinping se l'approprie pour qualifier l'ambition de domination industrielle et technologique de la Chine. Une manière de signifier qu'elle n'entend pas être contrainte sur le plan économique. Cinq ans plus tard, sa machine exportatrice est encore montée en puissance. Malgré l’acharnement tarifaire américain, elle a affiché un excédent commercial record en 2025, à 1 200 milliards de dollars. La part des Etats-Unis dans ces exportations a reculé sur l’année, renforçant le poids d’autres destinations dont l’Asie du Sud-Est, l’Europe ou encore l’Afrique.

Et si cette vigueur était de la poudre aux yeux ? Les exportations, moteur de la croissance du pays, masquent d’abord une atonie de la demande intérieure. "L’objectif du gouvernement chinois de se recentrer sur son marché domestique semble s’éloigner : le consommateur reste déprimé et la crise immobilière se poursuit, ce qui appelle à davantage de stimulus dans les mois à venir", pointe Ana Boata, directrice de la recherche économique à Allianz Trade. Difficile, donc, pour Pékin de compter sur sa population pour absorber ses excédents de production.

Diversification et réserves

Surtout, un autre indicateur est passé inaperçu : les importations chinoises ont, elles aussi, atteint un niveau historique, à 2 600 milliards de dollars. Au fil des années, un glissement s’est opéré dans leur composition. Les minéraux, les combustibles et les produits agricoles, notamment alimentaires, représentaient près de 75 % de la valeur des importations en 2022, contre 22 % en 2001, relève une note du Mercator Institute of China Studies (MERICS).

Preuve que cette préoccupation n’est pas nouvelle, en 1994 déjà, le chercheur canadien Vaclav Smil se demandait dans un article : "Qui va nourrir la Chine ?" Pour subvenir aux besoins alimentaires et énergétiques de ses 1,4 milliard d’habitants, Pékin a soif de matières premières. Il en serait le premier consommateur de la planète, à hauteur de 40 % des volumes mondiaux, d’après une estimation de Caixa Bank. Près de 70 % de son pétrole et 80 % de son cuivre proviennent de l'étranger. Pour les produits agricoles, aussi, cette dépendance est colossale. Face à ce défi, l’Empire du milieu a multiplié ses fournisseurs. Avec dernièrement, l’obsession d'un découplage des Etats-Unis. Exit, donc, le soja du Midwest, au profit de celui du Brésil. Les livraisons de gaz naturel liquéfié américain se sont aussi effondrées l'an dernier, tandis qu'un accord pour le gazoduc Power of Siberia 2 avec la Russie a été signé en septembre. "La Chine sait qu’elle dépend fortement des importations : sa stratégie a consisté à tirer parti de son poids économique d'acheteur, ses fournisseurs étant désormais dépendants d'elle", explique Arthur Kroeber, fondateur de Gavekal Dragonomics, une société d’analyse spécialisée sur la Chine. Autre manœuvre clé, la constitution de réserves de matières premières. "Elles permettent à la Chine de gérer à la fois les risques géopolitiques et les fluctuations internes des prix, poursuit Arthur Kroeber. Le pays dispose de réserves de pétrole, de porc, de céréales, mais aussi de cuivre, un métal essentiel pour la transition énergétique".

Etau pétrolier

Des points de fragilité demeurent néanmoins. En premier lieu, sur le pétrole. Jusqu'à présent, la Chine était le premier client de l'or noir vénézuélien. Et elle capte environ 80 % des volumes iraniens. Les récentes secousses dans ces deux pays font peser un risque sur le prix de ces approvisionnements. "La Chine importe du pétrole du Venezuela et de l'Iran à des prix inférieurs à ceux du marché, souligne Giacomo Prandelli, analyste indépendant de matières premières. Plutôt que de mettre fin aux importations chinoises de pétrole, les États-Unis cherchent à rendre chaque baril importé par la Chine politiquement compliqué, logistiquement difficile ou stratégiquement dépendant d'un pays qui pourrait tirer parti de cette dépendance". Un effort inutile ? Pour Arthur Kroeber, l'Amérique a un train de retard. "Les Etats-Unis semblent ignorer que la Chine est bien moins tributaire du pétrole qu'eux – le brut représente 18 % de sa demande primaire d’énergie, contre 38 % aux Etats-Unis - et elle a réussi à électrifier son industrie pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles".

Autre enjeu majeur : les matériaux critiques et les terres rares. S’il domine leur raffinage à l’échelle mondiale, l’Empire du milieu a besoin d’importer un grand nombre de ces ressources. "La Chine œuvre depuis des décennies à la sécurisation de ses approvisionnements en matières premières par des investissements à l'étranger et diversifie ses fournisseurs, explique Vincent Vicard, économiste au CEPII et responsable du département commerce international. Or certains pays commencent à concurrencer cette stratégie, à l’image de l’Indonésie, qui a restreint ses exportations de nickel - un composant essentiel pour les batteries chinoises".

En parallèle, la Chine continue de devoir commercer avec les économies avancées en matière de produits technologiques. Sur le segment des semi-conducteurs, par exemple, Pékin est tributaire des Etats-Unis et de Taïwan, et à la merci de l’UE - en particulier du néerlandais ASML - pour les machines de lithographie. Des leviers qui n'échappent pas à Washington, qui a d'autres atouts que les droits de douane dans sa main. "L'influence des États-Unis sur le détroit de Malacca [NDLR : entre la Malaisie et l'Indonésie] est un aspect crucial pour la Chine, car les deux tiers des marchandises qui transitent par ces eaux sont destinées à la Chine", écrit dans une note Beatriz Villafranca Serrano, économiste chez Caixa Bank. A l'Amérique de trouver son propre shashoujian.

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