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Dermatose nodulaire contagieuse : quand une crise sanitaire grave s’ajoute à une crise agricole dramatique

La dermatose nodulaire contagieuse frappe les élevages français. Après avoir touché la Savoie, la Haute-Savoie, l’Ain, le Rhône, le Jura, le Doubs et les Pyrénées-Orientales, elle se trouve désormais en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées, en Haute-Garonne et dans l’Aude. Les solutions proposées ou imposées par les uns et les autres s’entrechoquent dans un secteur qui souffre depuis des années et il n’est pas exagéré de dire que la situation est explosive.  

Le récent abattage d’un troupeau de plus de 200 vaches en Ariège, lors duquel se sont affrontées les forces de gendarmerie et plusieurs centaines de manifestants et d’agriculteurs, a suscité de l’émoi, de la colère, de l’incompréhension et, surtout, a provoqué une nouvelle mobilisation nationale des agriculteurs, menée par la Coordination rurale et la Confédération paysanne.

Ces deux syndicats s’opposent au protocole sanitaire du gouvernement qui impose notamment l’abattage total des bovins issus d’un foyer identifié. Comprenant également la vaccination massive de tous les animaux dans une zone délimitée et l’interdiction de les déplacer, cette approche n’est pas le fait du prince : elle a des bases scientifiques. Pour autant, elle déclenche un nouveau front de colère dans une « ferme France » déjà bien mal en point.

Qu’est-ce que la dermatose nodulaire contagieuse ?

Selon l’organisation mondiale de la santé animale (OMSA), la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie qui n’affecte que les bovins, qui se caractérise entre autres par de la fièvre, des nodules sur la peau, sur les muqueuses et sur les organes internes, et qui peut aboutir à la mort. Le virus se transmet principalement par des insectes piqueurs, comme les mouches, les moustiques ou les taons. Originaire d’Afrique australe et orientale, il s’est propagé jusqu’en Europe. La France métropolitaine et l’Italie ont connu leurs premiers cas en juillet 2025.

Toujours selon l’OMSA, le taux de morbidité de la DNC varie entre 10 et 20 % (il peut atteindre 45 % dans les cas graves), et le taux de mortalité se situe entre 1 à 5 % (un journaliste du Point qui a enquêté sur le sujet parle même d’une fourchette de 5 à 10%). La période d’incubation est de 4 à 28 jours. Cette maladie fait subir aux élevages touchés des pertes économiques importantes : baisse de la production laitière, perte de poids de l’animal, infertilité, peaux endommagées. Les animaux atteints ne développent pas tous des symptômes mais peuvent quand même contaminer les bêtes saines. La maladie ne peut pas se soigner. Elle n’est pas transmissible à l’homme.

Pour l’OMSA, « la maîtrise et l’éradication de la DNC reposent sur la détection précoce du cas index, suivie d’une campagne de vaccination rapide et généralisée. » Elle juge également comme « peu probable » que l’abattage total ou dépeuplement (élimination de tous les bovins cliniquement atteints et des autres bovins non atteints dans un troupeau) et l’abattage partiel (élimination des seuls bovins cliniquement atteints) puissent à eux seuls éradiquer la DNC. La vaccination est donc un impératif et, insiste l’OMSA, dans « les pays ou zones non touchés, il est également important d’élaborer des plans de vaccination préventive ou d’urgence. »

L’abattage total, une stratégie radicale

Dans la gestion sanitaire de la DNC, deux stratégies s’opposent : l’une préconise l’abattage de tous les animaux, même ceux qui ne sont pas malades, dans un élevage contaminé, et la vaccination massive de tous dans une zone délimitée autour du foyer, avec de sévères restrictions de déplacement ; l’autre veut vacciner tous les animaux mais restreindre l’abattage à ceux qui sont malades.

La première option est celle que défendent le gouvernement, les instances sanitaires, les vétérinaires, une partie des éleveurs ainsi que la FNSEA. Radicale, et elle a été plutôt efficace dans les premiers foyers français et à l’étranger. L’Espagne, l’Italie et la Grèce ont adopté le même protocole. Entre 2015 et 2017, la maladie avait fait des ravages dans de nombreux pays des Balkans : elle a été éradiquée, selon les autorités européennes, grâce à une campagne de vaccination massive assortie de restrictions de mouvement et d’abattage total des foyers contaminés au plus fort de l’épidémie.

Cette gestion a été élaborée, puis validée par le Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (le parlement sanitaire) en juillet. Il réunit beaucoup de monde : syndicats agricoles, coopératives, chambres d’agriculture, vétérinaires, groupements de défense sanitaire (GDS), et des scientifiques. Ses conclusions sur la DNC ont été validées à trois reprises par les différentes parties prenantes. Pour Jeanne Brugère-Picoux, membre de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie vétérinaire de France, un dépeuplement seulement partiel et ciblé « aurait été une grave erreur dans une zone règlementée en favorisant la progression du virus vers les élevages voisins. »

En 2016, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) expliquait dans une note que « lorsque la vaccination est appliquée uniformément, de sorte que 95 % des exploitations sont vaccinées et que 75 % des animaux vaccinés sont effectivement protégés, l’abattage total et l’abattage partiel aboutissent à une probabilité d’éradication de l’infection similaire. En l’absence de vaccination ou lorsque la vaccination a une efficacité moindre, la probabilité d’éradication est plus élevée avec l’abattage total qu’avec l’abattage partiel. Indépendamment des mesures d’abattage appliquées, la vaccination s’est avérée la plus efficace pour réduire la propagation du virus. » Pour l’OMSA, « les données issues de l’épidémie récente en Europe et en Asie de l’Ouest ont montré que la lutte efficace contre la maladie repose sur la biosécurité, la détection précoce et le contrôle des déplacements, suivis d’une vaccination rapide et à grande échelle avec des vaccins de haute qualité. »

Abattage partiel et vaccination généralisée ? Ce n’est pas si simple…

La vaccination totale des bovins français, ou du moins d’une très grande partie, accompagnée d’un abattage partiel, c’est-à-dire des bêtes testées comme malades, pourrait être une méthode alternative. C’est ce que souhaitent les leaders de la contestation, qui dénoncent un retard de la vaccination.

Pour autant, la vaccination totale de tout le cheptel français pose plusieurs problèmes. Selon Mathieu Mourou, vice-président de l’Ordre des vétérinaires, elle pourrait prendre sept à douze mois. De plus, il faudrait une couverture minimale de 75 % des bêtes pour atteindre l’immunité collective. Cela représente un coût pour l’Etat, et un handicap pour l’export car la France ne serait plus considérée comme « pays indemne » de la DNC et elle se verrait fermer des marchés. Toutefois, le gouvernement français pourrait négocier avec certains pays pour permettre la commercialisation des produits issus des bovins vaccinés. La France et l’Italie ont justement conclu un accord bilatéral en ce sens.

Faut-il appliquer un nouveau protocole ?

Malgré le protocole strict, de nouveaux foyers sont apparus. Si en octobre le ministère se félicitait qu’aucun nouveau foyer de DNC n’ait été déclaré en dehors des zones réglementées « confirmant l’efficacité de la stratégie sanitaire » (95 foyers enregistrés dans 63 élevages), d’autres départements sont maintenant atteints. Au 15 décembre, on recensait depuis le début de l’épidémie 113 foyers touchant 80 élevages : 3 300 bovins ont été abattus au total, soit 0.02 % du cheptel français. Si la maladie a progressée, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a affirmé, le 18 décembre, que tous les foyers étaient éteints.

Le 17 décembre, elle a annoncé « la vaccination accélérée de 750 000 bovins » contre la dermatose nodulaire contagieuse. La ministre vise l’immunité collective : « il faut que 75 % du cheptel, dans 95 % des fermes, soient vaccinés. » Pour autant, l’abattage total continuerait d’être appliqué en cas de découverte d’un nouveau cas. Si l’immunité collective est atteinte, grâce à une vaccination massive, il conviendrait peut-être de passer de l’abattage total à l’abattage partiel si une bête malade est détectée dans les zones vaccinées. La vaccination préventive dans les zones limitrophes est également cruciale.

Traumatisme de la gestion sanitaire, méfiance envers les services de l’Etat

« Le gouvernement est du côté des agriculteurs et pas leur adversaire » dit l’Elysée. Mais pour une bonne partie des éleveurs, ces éléments de langage non suivis de faits ne sont plus supportables. L’envoi, le 11 décembre, de véhicules blindés et d’hélicoptères envoyant du gaz lacrymogène pour déloger les manifestants et les agriculteurs qui s’opposaient à l’abatage de 207 vaches en Ariège n’était pas fait pour apaiser les tensions.

C’est la goutte de trop pour l’élevage français dont la situation économique est difficile. Le revenu annuel médian des éleveurs « bovins viande » est de 18 420 €, le plus bas de tout le secteur agricole. Leur taux de pauvreté est de 25,1 % et le taux de surmortalité par suicide, de 127 % pour les éleveurs « bovins viande » et de 56 % pour les éleveurs « bovins lait ». Entre 2010 et 2020, 30 % des élevages français ont disparu, soit 63 500 exploitations en moins. Entre 2016 et 2022, la France a perdu 10 % de ses vaches laitières et 14 % de ses vaches allaitantes. La France a perdu 5 % de ses volumes de lait entre 2017 et 2023.

Il y a chez certains éleveurs, entre le contexte économique et réglementaire, et la pression écologiste, le sentiment qu’ils risquent de disparaitre. Un rapport de 2023 de la Cour des comptes, déjà, les avait beaucoup alarmés : il y était expliqué que « le bilan de l’élevage bovin pour le climat est défavorable » et qu’il fallait réduire le cheptel national à 13,5 millions de bovins à horizon 2050. Il est actuellement de plus de 16 millions.

Cette crise de la DNC a mieux fait comprendre aux Français, qui ne s’en rendaient peut-être pas assez compte, à quel point l’abattage est une violence pour l’éleveur, attaché à ses bêtes, qui sont aussi son capital. Il perd aussi avec elles le profit de plusieurs années, voire de décennies, de travail sur la génétique, un aspect qui n’entre pas en considération dans les indemnisations qu’ils peuvent recevoir et qui en outre, selon certains, ne sont pas toujours à hauteur de la valeur marchande de leurs animaux. Enfin, il y a un risque, même s’il est faible : certains éleveurs pourraient renoncer à déclarer des vaches atteintes de la DNC. Ce serait désastreux. L’un d’eux l’a déclaré sur Franceinfo : « S’il y a un cas ici, je ne le déclarerai pas […] ce n’est pas moi qui vais déclarer la maladie tant qu’il y aura l’abattage total des troupeaux ».

Si l’agriculture française était en bonne santé, si l’élevage français se portait correctement et ne subissait pas de pression de l’administration et des écologistes, la gestion de l’épidémie de DNC n’échaufferait pas autant les esprits. La loi Duplomb, vidée en partie de sa substance par le Conseil constitutionnel, n’est qu’un cautère sur une jambe de bois. Plus que jamais, des réformes d’ampleur doivent voir le jour pour que l’agriculture française renaisse et redevienne compétitive. Et, surtout, pour que les exploitants puissent vivre de leur métier sans avoir besoin des subsides de l’Etat ou de l’Union européenne.

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