En 1912, alors qu’il n’était encore qu’un critique en vue de 24 ans, Fernando Pessoa avait prédit la venue d’un « super-Camões », en référence au poète national portugais du XVIe siècle, auteur des Lusiades. Vingt-trois ans plus tard, alors qu’il meurt d’une cirrhose décompensée dans un hôpital de Lisbonne, il laisse une œuvre immense, pour l’essentiel à l’état de manuscrits, enfouie dans une « malle pleine de gens », selon l’expression de l’écrivain Antonio Tabucchi.