Un énorme plan de relance au Japon
La Premier ministre du Japon, Sanae Takaichi, a présenté vendredi matin un plan de relance de l’équivalent de 117 milliards d’euros, environ 2.5 % du PIB, censé doper la croissance de son pays, tombé à presque zéro sur l’année, voire – 0.4 % au troisième trimestre. Elle a assuré que ce plan était « responsable » sur le plan budgétaire, affirmant qu’elle entendait réduire la dette colossale du pays, une des plus élevées du monde : 230 % du PIB. Ce dont on peut douter puisque les plans de relance par la dépense publique, dits keynésiens depuis qu’ils ont été théorisés par l’économiste britannique éponyme, ont pour caractéristique obstinée de ne marcher quasiment jamais. Et s’ils peuvent parfois donner un coup de fouet temporaire à la conjoncture, cela ne permet généralement pas d’effacer le déficit initial.
Avec ces mesures chiffrées à 21.300 milliards de yens, le gouvernement entend relancer la croissance de la quatrième économie mondiale dans un contexte d’exaspération des Japonais face à la flambée des prix. L’inflation a de nouveau accéléré dans le pays en octobre selon des chiffres publiés vendredi matin, à 3% en excluant les produits frais. Il n’est toutefois pas clair en quoi un plan de relance pourrait calmer l’inflation, d’habitude c’est plutôt l’inverse.
La croissance japonaise, à vrai dire, patine depuis le début du siècle sous l’effet d’un modèle économique et social obsolète et d’un vieillissement accéléré de sa population ; cette dernière devrait d’ici la fin du siècle être divisée par… presque trois, à 48 millions d’habitants contre 120 millions aujourd’hui, sur les tendances actuelles de dénatalité, avec tout juste 1,1 enfant par femme en âge de procréer en moyenne. En 2100, le Japon figurerait au-delà du quarantième rang mondial par la population. Un pays qui ne croit plus en l’avenir est un pays qui se suicide.
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