L’amendement Kasbarian pour supprimer le chèque énergie et économiser 650 millions rejeté
Guillaume Kasbarian a présenté un amendement au projet de loi de finances 2026 visant à supprimer le chèque énergie. Ce dispositif, créé en 2015 pour remplacer les anciens tarifs sociaux de l’énergie, représentera en 2026 une dépense prévue de plus de 650 millions d’euros pour l’État. L’amendement a été rejeté, une décision qui risque d’accentuer davantage les difficultés budgétaires de la France.
L’exposé sommaire de cet amendement nous donne des chiffres et des faits intéressants. Selon les analyses du Commissariat général au développement durable (CGDD, rapport 2024), près de 35 % des chèques énergie financent du gaz ou du fioul domestique, dont l’intensité carbone moyenne dépasse 200 g CO₂/kWh, mettant en lumière le mauvais ciblage de ce chèque énergie. Toujours selon cet exposé sommaire, « Cette absence de ciblage sectoriel place le dispositif dans la catégorie des « subventions dommageables à l’environnement » recensées par l’OCDE et l’Agence européenne de l’environnement (2023). ». L’Inspection générale des finances (IGF), dans son rapport de juillet 2025, en rajoute une couche en soulignant le fait que ce soutien va à l’encontre de la sobriété énergétique et peut avoir un impact défavorable sur la biodiversité. Encore de l’argent gaspillé.
Contrepoints montrait déjà en 2021 l’inefficacité de ce chèque énergie dans une longue analyse de ce dernier, avec notamment une explosion des dépenses depuis l’élargissement de la base des ménages en 2018 : 424 millions d’euros en 2018, 695 millions en 2019, 813,5 millions en 2022. Comparativement, les anciens tarifs sociaux du gaz et de l’électricité coûtaient bien moins cher, avec 279 millions d’euros en 2014. Et comme le confirme un rapport de la Cour des comptes de 2022, la chèque énergie a « un ciblage imprécis des bénéficiaires ». Plus précisément, 51 % des bénéficiaires ne sont pas véritablement en situation de précarité énergétique, tandis que 25 % des ménages réellement concernés ne perçoivent pas cette aide.
Certes, la suppression de ce chèque énergie n’aurait pas résorbé la totalité de la dette, mais cela aurait permis d’économiser 650 millions d’euros. Refuser cet amendement, c’est maintenir une politique toujours plus coûteuse, et toujours plus inefficace.
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