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"Le PS français n’a jamais été un phare" : pourquoi Olivier Faure peine à imprimer sa marque en Europe

Un ange passe dans le ciel européen. Pour la quatrième fois d’affilée, Olivier Faure est reconduit à la tête du Parti socialiste. Une longévité équivalente à celle de François Hollande ; à peine un mandat de moins que François Mitterrand ou Lionel Jospin. Mais contrairement à ses illustres prédécesseurs, la réélection de l’intéressé n’aura (presque) pas été relevée par ses homologues ou dans les grands titres du continent - pas plus que le déroulé de ce congrès.

Qu’il est loin le temps où, pour ne citer que lui, El País narrait longuement les combines de couloir du grand raout des roses à Reims en 2008, et la victoire finale de Martine Aubry sur Ségolène Royal… "Entre les années 1970 et les premières années du XXIe siècle, la presse partisane des partis frères mais également la presse généraliste couvrait ces congrès", assure Mathieu Fulla, chercheur à Sciences Po et spécialiste des gauches européennes.

La disparition… Tel est le sort d’un leader d’une formation politique, autrefois dominante et réduite aujourd’hui à peau de chagrin, éloignée des plus hautes responsabilités nationales depuis huit ans. Sur X, l’Internationale socialiste aura tout de même eu un mot pour l’un de ses 37 vice-présidents : "Toutes nos félicitations à @faureolivier pour sa réélection en tant que Premier secrétaire du @partisocialiste. Un nouveau mandat pour renforcer la gauche et faire entendre une voix progressiste en France et en Europe." Diplomatie rose.

"On lui a récemment fait faire une tournée européenne"

Vu d’Europe, Olivier Faure grandit dans l’ombre du patriarche de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, et de la tête de liste PS-Place publique aux dernières élections européennes Raphaël Glucksmann, qui prennent soin de cultiver leurs réseaux par-delà l’Hexagone. "Olivier Faure n’est pas très connu puisqu’il n’est pas très présent sur la scène européenne, admet son ami Christophe Clergeau. Mais il l’est plus qu’on ne le croit, car il est vice-président de l’Internationale socialiste. Il cultive une relation amicale avec le président du PS wallon Paul Magnette, il est proche de la patronne du Parti démocrate italien Elly Schlein, il a de bonnes relations avec le Premier ministre espagnol PSOE Pedro Sánchez. Ces derniers mois, il échange régulièrement avec le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil…", assure-t-il. "On lui a récemment fait faire une tournée européenne", ironise l’un de ses proches.

Il y a bien quelques dynamiques structurelles, ajoutées au malheur d’un Parti socialiste qui peine à se relever. "Le PS n’a jamais été considéré comme un phare européen, contrairement aux Scandinaves, aux Allemands et aux Britanniques", assure Marc Lazar, professeur des universités émérite à Sciences Po et spécialiste des gauches européennes. Il n’a jamais été considéré comme un parti de masse, n’avait quasiment pas de rapport avec les syndicats… Ils ont toujours été regardés de haut par leurs partenaires. Au contraire, c’est avec une certaine méfiance qu’il a souvent été observé - au gré, notamment, du programme commun porté par François Mitterrand avec le PCF en pleine guerre froide - par des partenaires farouchement anti-communistes. Quelques exceptions ont pourtant confirmé la règle, comme ces figures roses françaises reconnues et saluées en Europe.

"Jacques Delors, Pierre Mauroy et Michel Rocard sont les trois responsables socialistes qui ont construit les meilleures connexions avec la social-démocratie européenne", souligne Mathieu Fulla. "Les deux derniers ont construit leurs réseaux dès l’après-guerre, lorsque Mauroy présidait le mouvement des Jeunesses socialistes et Rocard celui des Etudiants socialistes. Ils nouent alors des amitiés durables avec des camarades sociaux-démocrates allemands, autrichiens et nordiques, dont beaucoup deviendront par la suite des dirigeants de premier plan dans leurs partis respectifs. Jacques Delors structure ses réseaux plus tard, à partir des années 1960-1970, d’abord grâce à des échanges dans le cadre de clubs de réflexion qu’il anime. Il entretient soigneusement ces amitiés lorsqu’il préside la Commission européenne entre 1985 et 1995, vouant une grande admiration à la logique contractuelle entre patronat et syndicats qui est au coeur du compromis noué par la social-démocratie continentale avec le capitalisme de l’après-guerre", poursuit l’historien.

Olivier Faure a, lui aussi, eu son court moment warholien - toutes choses égales par ailleurs. Il faut attendre 2018, sa première élection à la tête du Parti socialiste, pour que la presse européenne se fasse l’écho de ce personnage. Le quotidien allemand Die Welt salue alors une prouesse : celle d’avoir été "considéré comme le garant du renouveau" malgré ses 49 ans "dont 34 passés au sein du parti". Et le même journaliste de s’interroger poliment sur la carrure du victorieux : "Il semble avoir repris le flambeau du socialisme, peut-être pas à contrecœur, mais avec surprise."

Il faut dire que la succession n’a rien d’un cadeau. L’ancien président du groupe parlementaire socialiste hérite d’un parti en lambeaux, amputé de plus de 250 députés et de quelque 90 000 adhérents, conséquences du quinquennat Hollande et de la déroute présidentielle de Benoît Hamon. A l’époque, Olivier Faure l’assure pourtant au quotidien El País, avec la foi du charbonnier : il existerait un large espace pour le PS car la France dispose "d’un gouvernement qui n’est pas de gauche" et "d’une gauche qui n’est pas de gouvernement". Pour le reste, l’hebdomadaire britannique The Times décrit un homme "connu pour son passe-temps, consistant à réaliser des bandes dessinées". Un jour, en 2012, il glisse même un précieux conseil au candidat de centre gauche Pier Luigi Bersani, opposé à Silvio Berlusconi aux élections italiennes de 2013 : "Il ne faut pas révéler son jeu dès le début de la campagne." C’était dans les colonnes du journal Il Fatto Quotidiano, qui le présente comme "artisan du miracle" de l’élection suprême de François Hollande. Ironie d’un destin. Qu’il est déroutant d’être, désormais, moins sollicité par les médias étrangers.

Ceux qui le connaissent, à présent, reconnaissent en lui un très bon tacticien. "Il a d’abord décidé en 2022 de faire liste commune avec Mélenchon quand son parti risquait de disparaître. Aujourd’hui, il se détourne du leader insoumis. Ce sont deux choix différents, mais deux bons choix dans différentes circonstances. Olivier Faure a toujours agi dans l’intérêt de son parti." Et c’est un eurodéputé social-démocrate allemand, René Repasi, peu soupçonneux de complaisance avec Jean-Luc Mélenchon, qui l’assure.

"Nos partenaires ont surtout du mal à comprendre nos débats internes"

Lubie d’initié ou diplomatie socialiste, les partis amis suivent tout de même la compétition rose. Ils seront d’ailleurs une trentaine d’observateurs de l’Internationale socialiste présents à Nancy, du 13 au 15 juin, pour l’intronisation d’Olivier Faure. Ses soubresauts n’auront pas vraiment perturbé les eurodéputés des délégations sociales-démocrates européennes. "J’ai l’impression qu’Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol ont les mêmes positions sur l’Union européenne, qu’ils sont tous les deux contre une alliance avec Mélenchon, et qu’ils sont en faveur d’une ouverture à Raphaël Glucksmann… Donc je n’arrive pas trop à les différencier", glisse René Repasi. "Nos partenaires ont surtout eu du mal à comprendre nos débats internes, témoigne le parlementaire Christophe Clergeau. Ils nous disent : 'Vous êtes tous favorables à une candidature écolo/socialiste à la présidentielle, pourquoi avez-vous présenté différents textes d’orientation ?' Depuis Bruxelles, vu qu’il n’y a plus de sujet Mélenchon, ce congrès est vu comme quelque chose d’anecdotique."

Les conclusions tirées du vote divergent de celles émises par les anti-fauristes français. "Le PS poursuit sa stratégie entamée lors des dernières européennes, à travers la construction d'une alternative de centre gauche et écologiste, et non gauchiste", assure l’eurodéputé allemand René Repasi. Et de délégation en délégation… Le député andalou Alberto Mayoral, du PSOE, porte un tout autre regard : "Le résultat final, serré, montre que ce parti vit toujours. Il faut combiner les deux visions complémentaires portées lors de la finale entre Olivier Faure et Nicolas Mayer Rossignol : un parti plus fort et tourné vers la gauche." Quand le premier est élu à quelques centaines de voix du second, le luxe d’une situation réside dans la malléabilité de ses interprétations. Mais le constat est clairvoyant : "Le socialisme français opère une reconstruction lucide, mais elle est remarquée de façon plutôt discrète", conclut le socialiste espagnol.

"Tous les partis sociaux-démocrates du continent sont en crise, et les Européens sont bien en peine de citer ses leaders de référence, contrairement à ceux de la droite radicale. Mais le déclin du rayonnement européen du PS est impressionnant, assure Marc Lazar. Sa quasi-disparition est comparable à celle du Pasok grec, même si ces derniers tendent à se reconstruire."

A l’appui, quelques données comparatives européennes : "En 2022, le Labour comptait 407 000 adhérents, le SPD allemand en comptait 379 000, 160 000 pour le PD italien et seulement 41 633 pour le PS français", poursuit le chercheur. Mis au défi de la gouvernance, certains de ses homologues sont traversés par les mêmes dilemmes, à l’instar de l’italienne Elly Schlein, favorable, contre la moitié de son parti, à une alliance avec les populistes du Mouvement 5 Etoiles. D’autres ont embrassé pleinement l’union des gauches, comme Pedro Sánchez, qui gouverne le pays avec le parti Sumar, une scission émanant de Podemos, allié du Parti communiste espagnol. Le Britannique Keir Starmer, lui, gouverne avec un gouvernement 100 % travailliste ; le Danois Mette Frederkisen s’est coalisé avec les libéraux et le centre droit… Autant d’attelages que d’exemples à suivre, pour, un jour, espérer exister par-delà nos frontières.

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