Israël : le Parlement doit se prononcer sur un projet de dissolution soumis par les chefs de l’opposition
Les jours de Benyamin Netanyahou à la tête du gouvernement israélien sont-ils comptés ? Un projet de loi de dissolution du Parlement, soumis par les partis de l’opposition, doit être examiné ce mercredi 11 juin par la Knesset. Opposés à une loi de conscription remettant en cause les exemptions des ultra-orthodoxes, les partis juifs ultra-orthodoxes, clés de la coalition au pouvoir du Premier ministre, ont menacé de soutenir le texte.
En parallèle, la série d’événements meurtriers en marge des distributions d’aide dans la bande de Gaza ne cesse de s’allonger. Ce mercredi encore, la Défense civile de Gaza a affirmé que les forces israéliennes avaient ouvert le feu sur des personnes allant chercher de l’aide, faisant 31 morts et environ 200 blessés.
Les infos à retenir
⇒ Le Parlement israélien doit voter sur un projet de dissolution soumis par l’opposition
⇒ 31 personnes tuées par des tirs israéliens en allant chercher de l’aide à Gaza
⇒ Bateau pour Gaza : les militants pro-palestiniens français encore détenus en Israël ont un statut "d’immigré illégal"
Israël : le Parlement doit voter sur un projet de dissolution soumis par l’opposition
Les chefs des partis de l’opposition israélienne ont décidé de soumettre mercredi à la Knesset (Parlement) un projet de loi de dissolution du Parlement que les partis juifs ultra-orthodoxes, soutiens clés de la coalition au pouvoir de Benyamin Netanyahou, ont menacé de soutenir.
"Les chefs des partis d’opposition ont décidé de soumettre au vote un projet de loi de dissolution de la Knesset aujourd’hui. Cette décision a été prise à l’unanimité et engage tous les partis" d’opposition, ont indiqué leurs chefs dans un communiqué commun. Les partis Shass et Judaïsme unifié de la Torah (JUT) ont menacé de se joindre à l’action de l’opposition en raison de leur opposition à la loi de conscription visant notamment les exemptions des ultra-orthodoxes. Si ces deux partis joignent leurs voix à celles de l'opposition, ils auront suffisamment de voix pour approuver le projet de dissolution du Parlement. S'il est approuvé lors de la lecture préliminaire en session plénière mercredi, il faudra encore trois autres votes avant une dissolution.
Gaza : la Défense civile annonce 31 personnes tuées par des tirs israéliens en allant chercher de l’aide
La Défense civile de Gaza a affirmé que les forces israéliennes avaient ouvert le feu sur des personnes allant chercher de l’aide humanitaire mercredi, faisant 31 morts et environ 200 blessés dans le territoire palestinien ravagé par plus de vingt mois de guerre.
Des milliers de Palestiniens avaient commencé à se rassembler dans la nuit dans l’espoir d’atteindre le centre de distribution de nourriture de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), a déclaré le porte-parole de cette organisation de secours, Mahmoud Bassal. "Des chars israéliens ont tiré à plusieurs reprises, puis vers 05h30 (04h30 heure française), ils ont intensifié leurs tirs et en même temps il y avait des tirs nourris de drones visant les civils", a-t-il affirmé.
Une série d’événements meurtriers se sont produits depuis l’ouverture le 27 mai à Gaza de centres d’aide gérés par la GHF, une organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël. L'ONU refuse de travailler avec cette organisation en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralité. Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans annoncés par la Défense civile.
Bateau pour Gaza : les militants détenus en Israël sous statut d’immigré illégal
Les quatre militants pro-palestiniens français encore détenus en Israël, dont l’eurodéputée Rima Hassan, ont un statut "d’immigré illégal" et "le but est de les mettre dans un avion vers la France le plus rapidement possible", a déclaré mercredi l’ambassadeur israélien à Paris. "Ils vont rencontrer un juge qui décidera s’ils peuvent être rapatriés vers la France immédiatement ou s’ils ont le droit de rester en Israël", a déclaré Joshua Zarka, auditionné devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat. "Ils sont rentrés illégalement en Israël" et "leur statut est un statut d’immigré illégal", a-t-il insisté. "Ils sont maintenus dans un centre de détention qui n’est pas une prison", a-t-il également précisé.
La Marine israélienne a arraisonné lundi matin à environ 185 kilomètres de la côte de Gaza un voilier parti d’Italie, le Madleen, avec à son bord 12 militants, dont la Suédoise Greta Thunberg, qui voulaient arriver jusqu’à ce territoire palestinien pour "briser le blocus israélien". Greta Thunberg, qui a accusé Israël de les avoir "kidnappés dans les eaux internationales et emmenés contre (leur) gré en Israël", et deux militants français ont accepté de signer des papiers autorisant leur expulsion. A son arrivée à Stockholm mardi soir, Greta Thunberg a dénoncé "le silence des gens alors qu’un génocide est en cours".
Cinq pays dont le Royaume-Uni sanctionnent deux ministres israéliens
Le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont annoncé mardi des sanctions contre deux ministres israéliens d’extrême droite, accusés d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, une démarche "condamnée" par Washington.
Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich "ont incité à une violence extrémiste et à de graves violations des droits humains des Palestiniens" en Cisjordanie, dénoncent les ministres des Affaires étrangères de ces pays dans un communiqué commun. Prôner "le déplacement forcé de Palestiniens et la création de nouvelles colonies israéliennes est effroyable et dangereux", ont-ils ajouté, parlant d’actions "inacceptables". Ces deux figures de l’extrême droite israélienne sont désormais frappées d’une interdiction de voyager dans tous ces pays. Leurs avoirs éventuels sont gelés au Royaume-Uni, au Canada et en Australie.
Les Etats-Unis ont "condamné" mardi ces sanctions. Disant "rejeter toute notion d’équivalence", le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, cité dans un communiqué, a appelé les partenaires de Washington à "ne pas oublier qui est le véritable ennemi", le Hamas palestinien, responsable de l’attaque contre Israël du 7 octobre 2023. "Les Etats-Unis demandent instamment l’annulation des sanctions et se tiennent au côté d’Israël", a-t-il ajouté.