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EXCLUSIF. Six ans après le grand débat, plongée inédite dans les 400 000 doléances des Français

En exclusivité, L’Express publie des extraits de la première recension d’ampleur des contributions au grand débat national lancé par Emmanuel Macron à la suite du mouvement des gilets jaunes. L’étude pilotée par la Fondation Jean-Jaurès et Arlequin AI porte sur l’ensemble des contenus déposés en ligne lors de cette consultation. Par son ampleur (plus de 400 000 répondants) et son large spectre (plus de 80 questions ouvertes), elle offre un coup de sonde inédit dans la société française, qu’un livre restitue en chapitres thématiques, détaillés par des experts de la Fondation. Les extraits sélectionnés sont essentiellement tirés de l’avant-propos et de l’introduction signés par Hugo Micheron et Antoine Jardin (chercheurs et cofondateurs d’Arlequin AI) :

L’étude croisée des réponses met en évidence un premier paradoxe : nombre de questions ne sont pas intrinsèquement clivantes. Les auteurs de ce rapport ont tous été étonnés par les nombreux éléments de consensus remontant de la société française, sur des sujets tels que la prise en compte du vote blanc ou encore l’importance des services publics de santé et d’éducation. Ces consensus sont d’autant plus spectaculaires qu’ils demeurent précisément en marge du champ des affrontements politiques et partisans. Les sujets faisant l’objet d’une large adhésion dans l’opinion ne permettent pas aux élus, dirigeants et partis de se distinguer dans l’offre politique. L’analyse du grand débat nous rappelle donc une première règle élémentaire : la persistance des thématiques polarisantes dans le débat public reflète souvent davantage le jeu de la concurrence entre les partis que la polarisation réelle des électeurs.

Toutefois, le consensus n’est pas toujours synonyme d’opinion favorable […] L’outil Arlequin permet de voir que près de trois quarts des répondants expriment une attitude de défiance ou de mécontentement sur au moins une des thématiques abordées (transition écologique, fiscalité, organisation de l’Etat et des services publics, démocratie et citoyenneté). L’un des principaux consensus négatifs concerne la défiance des Français à l’égard de leurs représentants et des institutions. Une crise de la représentation exprimée le plus souvent sur le registre du vécu personnel, s’inscrit aussi dans le long terme : "Les petites gens" qui viennent avec des demandes et des doléances, n’ont pas l’habitude du langage feutré ni de parler longtemps en répétant les mêmes arguments autrement : résultat, ils paniquent vite et s’énervent. Dès lors, au lieu de se mettre à la portée des gens, le "décideur" ou "l’élu" se braque et "puisque vous le prenez sur ce ton", coupe court et prend une position de jugement moral. La "colère" : les politiques ne savent pas comment se comporter avec la "colère", donc ils font dans la démagogie ("vous êtes en colère et vous avez raison"). Or, on ne peut pas débattre quand on est "en colère". Il peut y avoir de la colère, certes. Mais le rôle d’un adulte, d’un peuple adulte, d’une démocratie adulte est d’exprimer sa colère et de se calmer, d’entendre la colère des autres et de la calmer. Ce verbatim illustre également une autre qualité de la consultation, la dimension parfois très structurée des réponses aux questions ouvertes. […]

Les quatre groupes de répondants

L’outil Arlequin a permis d’extraire quatre groupes principaux sur la base des réponses des 400 000 participants aux 80 questions de la consultation. En traitant ainsi l’ensemble des contributions déposées par chaque répondant individuel, l’outil a progressivement regroupé les personnes qui expriment les positions les plus proches les unes des autres jusqu’à parvenir à un découpage général aisément interprétable par l’analyse.

Ces quatre groupes rassemblent près de 94 % des Français ayant contribué à la consultation :

1. Les civiques (36 % des répondants)

2. Les conservateurs (13,7 % des répondants)

3. Les éco-focalisés (15,8 % des répondants)

4. Les pessimistes (29 % des répondants)

Il est important d’insister sur le fait que le fonctionnement de l’IA ici ne répond pas à des catégories préétablies par l’humain. L’IA regroupe systématiquement les répondants à partir de leurs proximités réelles dans les prises de position exprimées sur l’ensemble des 80 questions. Cela permet de faire émerger les groupes tels qu’ils existent dans les données elles-mêmes, sans biais, à la manière d’une photographie exacte de la réalité. Cette étape de traitement par l’IA permet d’éviter tous les biais humains qui sont toujours considérables dans le traitement initial de la donnée.

Le fait que l’outil d’IA d’Arlequin respecte la structure naturelle de la donnée permet de faire émerger de nouvelles notions analytiques comme celle de verbatim typique, à l’échelle d’un groupe de répondants. Les verbatims typiques sont ainsi des verbatims tirés du corpus est qui ont un très fort niveau de représentativité de la catégorie de répondants en question. Ce sont pour ainsi dire des exemples "parfaits" car particulièrement représentatifs du groupe étudié.

Groupe 1 : Les civiques

Le premier groupe des répondants "civiques" rassemble près de 36 % des répondants (près de 90 000 personnes), il constitue le bloc le plus important dans l’ensemble des messages déposés en ligne.

Ce groupe est caractérisé par la forte présence des revendications en matière de réformes politiques telles que la mise en place du non-cumul des mandats pour les parlementaires, largement considéré comme une mesure positive visant à permettre aux représentants de se consacrer pleinement à leurs fonctions et prévenir les conflits d’intérêts. Les fortes exigences en matière de lutte contre la corruption et contre les influences des groupes d’intérêt sont clairement exprimées par ceux-ci. La préoccupation pour la transparence de la vie publique y est également surreprésentée dans ce groupe. Cette attitude s’associe à des attentes de réformes d’institutions telles que celles du Sénat et du Cese. En matière de participation électorale, ces individus se présentent comme attachés au vote, souhaitent la reconnaissance du vote blanc et l’instauration de procédures de référendum d’initiative citoyenne. Ils souhaitent également la mise en œuvre d’une part de proportionnelle dans le scrutin législatif. Leur demande de refonte institutionnelle est associée à une volonté d’engagement plus intense des citoyens, notamment par le renforcement du service civique et le recours plus fréquent aux budgets participatifs, ainsi que la reconnaissance du bénévolat dans le monde associatif et dans les ONG.

Ce groupe se réclame volontiers de la défense des valeurs républicaines et attache une forte importance aux institutions publiques tout en souhaitant leur évolution et leur modernisation. Les thématiques de fraternité, de solidarité et d’égalité femmes/hommes sont également surreprésentées et associées à une forte préoccupation en matière de lutte contre les préjugés et les discriminations.

Groupe 2 : Les conservateurs

Un deuxième groupe, de dimension plus modeste, représente exactement 13,7 % des répondants.

Il est caractérisé en premier lieu par leurs fortes revendications en matière de réforme fiscale. Plus précisément, cette thématique recouvre chez eux des attentes envers le niveau des recettes fiscales mais aussi de priorisation des dépenses publiques. Les impôts locaux font partie des impôts dénoncés comme excessifs. Ces positions sont associées à une demande de baisse des dépenses publiques et de réduction globale du niveau des impôts comme le montre le verbatim typique suivant : "Aucun impôt ne peut être baissé tant que les dépenses publiques ne le sont pas. Eventuellement redistribuer sur tous les contribuables le bénéfice des niches, exonérations, etc. propres à un impôt et qui ne bénéficient qu’à certains. Tout impôt (ou cotisation) imposé à une entreprise se retrouve dans le coût facturé au consommateur. Et qu’en conséquence s’il n’a pas d’équivalent en Europe, il dégrade la compétitivité de l’entreprise française et encourage le chômage. Donc diminuer en priorité les impôts et cotisations des entreprises, quitte à en basculer une partie sur le consommateur français."

La dimension européenne ressort des réponses formulées à travers le souhait formulé d’une uniformisation des régimes entre les différents pays européens. A la question "Quels sont les impôts qu’il faut baisser en priorité ?" un répondant indique (verbatim typique de cette catégorie) : "Aucun mais aller rapidement vers une harmonisation européenne sinon risque d’explosion en Europe." A partir de leur préoccupation pour les comptes publics ressort très clairement la thématique des retraites. Un répondant appelle de ses vœux (verbatim typique) : "Un plafonnement des aides versées, tous droits cumulés à 75 % du smic pour tous les ayants droit, plafonnement des retraites mais pension minimum universelle à 60 % du smic pour toute personne âgée de 65 ans et plus." Chez ce groupe, la réforme des retraites est présentée comme une nécessité, dans le but d’atteindre l’équilibre financier du système.

Contrairement au premier groupe des civiques, les conservateurs insistent beaucoup moins sur la probité des responsables publics. En revanche, ils se distinguent fortement par leur exigence en matière de lutte renforcée contre l’évasion et l’optimisation fiscale. En complément, ils se distinguent aussi par une demande de protection sociale davantage concentrée en direction des personnes les plus vulnérables (sans-abri, mères célibataires, faibles revenus). Un verbatim typique indique notamment : "Il faut se concentrer sur les personnes vulnérables (handicap, maladie) qui empêchent de travailler. Celui qui est valide à prendre un emploi, il faut payer une formation pour l’orienter vers un métier en tension mais pas l’assister financièrement."

[…]

Le groupe se distingue également pour son soutien à l’augmentation du temps de travail et à la mise en place d’une contrepartie de travail pour l’éligibilité aux aides sociales. Enfin, les conservateurs expriment aussi le souhait d’une restriction du flux entrant et d’un contrôle plus resserré en matière d’immigration.

Groupe 3 : Les éco-focalisés

Le troisième groupe qui ressort de la structure naturelle des données est celui des préoccupés par l’environnement, il représente 15,8 % des répondants ayant participé au grand débat.

C’est le groupe qui est le plus impliqué sur les thématiques relatives aux transports, aux mobilités et à la transition écologique. Près d’un quart des répondants de ce groupe ont concentré leurs réponses sur ces enjeux. Les préoccupés par l’environnement expriment des attentes fortes en matière de transition énergétique, marquée par le développement des énergies renouvelables mais aussi par la défense des infrastructures de transport ferroviaire et notamment des petites lignes ferroviaires. La préoccupation pour la situation des zones rurales caractérise ces répondants, celle-ci est associée à des demandes d’aides économiques pour adapter les modes de chauffage et faire face à la précarité énergétique. La défiance envers l’Etat n’est ni centrale ni véhémente, mais les attentes se cristallisent autour d’une plus forte décentralisation et d’une plus grande autonomie des échelons locaux (régions, départements, communes) pour gérer les enjeux prioritaires. Ce groupe ne montre pas d’intérêt marqué pour des réformes institutionnelles telles que les outils de démocratie directe comme le RIC ou le vote blanc. La question fiscale, qui était centrale dans le groupe précédent, occupe ici une position très minime.

Groupe 4 : Les pessimistes

Enfin, le quatrième groupe, celui des pessimistes, représente 28 % des individus s’étant exprimés dans cette consultation. Il arrive en deuxième position par ordre de taille.

C’est le groupe le plus défiant, envers les autorités et le personnel politique mais aussi contre les institutions et les services de l’Etat perçus comme lointains, complexes et dysfonctionnels. Cette défiance n’est pas associée à une demande explicite de réforme, elle apparaît au contraire comme désabusée et pessimiste sur l’évolution de la société française. Ces personnes se présentent - et par leurs réponses ressortent - comme les plus éloignées de la participation politique. Les répondants de ces groupes font état en détail des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien dans l’accès aux principaux services publics (emploi, retraite, aides sociales et santé). Au regard de ces éléments, le groupe des pessimistes semble se rapprocher le plus de ceux qui, selon les enquêtes électorales, sont marqués par l’abstention ou le vote d’extrême droite.

Les demandes de protection sociale sont fréquemment exprimées, sans être transcrites en revendication politique. Un répondant déclare notamment "La protection de l’enfance, déterminante pour l’avenir. Le chômage, véritable fléau social générateur de tous les maux : baisse de l’estime de soi, précarité voire pauvreté, ruptures familiales parfois pouvant aller jusqu’à la rue… La dépendance, enfin." La protection sociale est perçue comme déclinante et, paradoxe à première vue, les répondants expriment dans le même temps le souhait d’un contrôle accru et de l’exigence de contrepartie pour les bénéficiaires. Les pessimistes font en commun état de difficultés nombreuses dans leur recours aux soins et aux services de santé. Un répondant déclarant ne pas avoir accès aux services publics nécessaires indique (verbatim typique) : "Non. Le système de santé est complètement défaillant. Saturé par tous les bénéficiaires des aides de l’Etat, désorganisé par la bureaucratie délirante, rendu inefficace par le manque de moyen malgré les dépenses faramineuses supportées par le contribuable."

Et si l’avenir de la démocratie passait aussi par l’IA ?

Le rapport officiel de restitution du grand débat national, produit en 2019 par des cabinets de conseil mandatés à cet effet, n’a pu porter que sur 3 % du corpus total des contributions. Ce chiffre, faible au regard du volume massif de données recueillies, s’explique par les contraintes technologiques et méthodologiques alors en vigueur. Si cette approche a permis de hiérarchiser les thèmes débattus (fiscalité, écologie, démocratie, services publics), elle s’est révélée statique, centrée sur les contenus eux-mêmes, sans prise sur les dynamiques d’expression ni sur les profils sociaux ou politiques des citoyens qui les ont formulés. […] Sur cette base, nombre de commentateurs en ont déduit que les données du grand débat national n’étaient pas intéressantes et que leur analyse ne présentait aucun intérêt.

Le rôle de l’intelligence artificielle dans la mutation des approches est considérable. Pour la première fois, il est possible d’aller au bout des intuitions des précurseurs des méthodes quantitatives en analyse statistique des données, tout en préservant intacte la parole des individus et la finesse interprétative des approches dites qualitatives. Les données deviennent fluides, ouvrant un vaste champ de combinaisons à explorer dans les prochains mois et les prochaines années.

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