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Peut-on parler français avec 1 354 mots ? L’incroyable histoire d’une liste qui a créé la polémique

Une fois n’est pas coutume : commençons cet article sur la langue française par deux chiffres. Alors que l’on recense quelque 65 000 mots dans un petit Robert ou un Petit Larousse, un francophone très cultivé en utilise environ 5 000.

Maintenant que vous avez ces données en tête, imaginons que l’on vous demande d’élaborer un "français élémentaire" : comment procéderiez-vous et quels termes retiendriez-vous ? N’imaginez plus : cette entreprise a vraiment existé et a abouti à un nombre précis, 1 354.

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Revenons au début des années 1950. Au sortir de la guerre, l’Unesco voit dans la diffusion de grandes langues internationales un moyen d’améliorer la communication entre les peuples. La France adhère à cette vision. En cette période de guerre froide et de colonialisme, elle y voit une bonne manière de conserver, voire d’étendre, ses zones d’influence. Il s’agit, écrit Bertrand Poirot-Delpech dans Le Monde en 1954 de "créer des langues capables de diffuser rapidement dans les pays les "moins évolués" les notions les plus simples d’hygiène, de justice, de morale et de culture" - où l’on voit que le futur académicien véhicule les a priori de son époque. Il existe déjà un "basic english", qui a notamment servi à instruire militairement les peuples colonisés pendant la Seconde guerre mondiale ? Il doit donc y avoir un français de base.

Plusieurs linguistes, dirigés par Aurélien Sauvageot, professeur à l’École des langues orientales, se mettent aussitôt au travail. Leur enquête dure trois ans et aboutit en 1954 à la publication d’un opuscule destiné aux enseignants : Le français élémentaire. Après avoir enregistré les conversations de Parisiens, ils y ont regroupé les mots les plus fréquents. Des verbes : être, avoir, faire, dire, aller… Des noms communs : jour, enfant, maison, pain, tête, travail, école… Des adjectifs : grand, bon, jeune, beau, froid, facile, content, nouveau… Des adverbes : très, mal, toujours, ici… Des prépositions : à, de, dans, sur, avec…. Des pronoms et des déterminants : je, tu, il, ce, ces, mon, ton, quel, qui… Sans oublier quelques formules courantes comme "s’il vous plaît" ou "au revoir".

On pourrait croire la démarche objective et consensuelle. On aurait tort ! Elle va au contraire susciter un grand nombre de polémiques, parfois violentes, dont voici un petit aperçu (1).

- "Un travail parisiano-centré." En étant menée seulement dans la capitale, l’enquête a oublié les autres régions de métropole et les territoires d’outre-mer, auxquels elle est pourtant destinée en priorité.

- "Des partis pris subjectifs." Les linguistes ne se sont pas contentés d’enregistrer leurs observations. Ils ont exclu de leur propre chef des termes comme "machin", "truc", "vélo", "d’accord" ou "formidable", considérés comme trop familiers. Dans le même temps, ils ont ajouté "veston" ou "épicier", absents de leurs enregistrements mais qu’ils jugeaient utiles.

- "Un risque de mutilation de la langue." Certains contestent la démarche elle-même. "Lire Rabelais ou Descartes, Heine ou Shakespeare avec huit cents mots ! Laissez-nous rire !", s’offusquent Les Lettres françaises, un magazine proche du Parti communiste. "Nous payons des impôts, de lourds impôts, mais non pas pour que cet argent serve à financer la mort de notre langue. Qu’est-ce qu’une patrie qui n’a plus de langage ?", interroge de son côté l’universitaire et orientaliste René Etiemble dans Les Temps modernes, la revue fondée par Jean-Paul Sartre.

- "Une démarche colonialiste." Le quotidien L’Humanité reproche quant à elle aux auteurs de mettre la langue au service d’une Realpolitik n’ayant qu’un objectif : "servir à recruter et à instruire la chair à canon fournie par les peuples d’Afrique".

- "Un instrument au service du capitalisme." En élaborant deux français, l’opération entretient la reproduction des inégalités sociales, estiment Christian Baudelot et Roger Establet. Selon eux, elle dessine en filigrane une école destinée à la bourgeoisie et une autre réservée aux enfants issus de milieux socioculturels défavorisés.

Ces contestations n’empêcheront pas ce français élémentaire de connaître un réel succès, avec une seconde édition élargie en 1956 (le français fondamental, comprenant 3 200 mots) et une influence certaine sur l’enseignement du Français langue étrangère (FLE), et ce jusqu’aux années 1970. Mais cette histoire le montre : les questions de langues ne sont jamais neutres et recouvrent toujours des enjeux plus larges. Quelles sont les relations entre l’oral et l’écrit ? Y a-t-il un bon et un mauvais français ? Et qui a autorité pour élaborer cette distinction ?

Merci de m’adresser vos réponses en 1 354 mots.

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(1) Voir Français élémentaire, débats publics et représentations de la langue, par Daniel Coste. Revue Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde.

DU COTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Québec : le français doit être "prédominant" dans les commerces

Au Québec, le français doit désormais occuper une place "nettement prédominante" dans l’affichage public d’une marque de commerce ou d’un nom d’entreprise. Avec une règle claire : l’espace qui lui est réservé doit être "au moins deux fois plus grand que celui consacré au texte rédigé dans [une] autre langue". Une obligation qui n’est pas encore respectée partout.

Anglicismes en entreprises : la CGT s’inquiète…

https://ufictfnme.fr/novlangue-et-anglicismes/

Selon le syndicat, le recours croissant aux anglicismes dans le monde du travail ne pose pas seulement un problème linguistique. Dès lors que trois Français sur quatre environ ne maîtrisent pas bien cette langue, son emploi contribue aussi à mettre de côté une partie des salariés – souvent issus des milieux les plus modestes

Sixième finale des "mots en or"

La finale du concours francophone des Mots en Or, qui a opposé au total quelque 20 000 jeunes issus de 58 pays à travers le monde, a réuni le mardi 3 juin les 10 meilleures équipes. Les finalistes ont lu à voix haute leurs textes devant un jury qui a évalué la qualité de leur vocabulaire et de leur force de conviction.

DU COTE DES AUTRES LANGUES DE FRANCE

Du rap au cinéma, les langues régionales cartonnent auprès des jeunes

"C’est bien plus qu’une mode : c’est une réappropriation culturelle profondément contemporaine. Les jeunes générations se reconnectent à leurs racines, mais le font à travers des codes actuels, notamment via la culture populaire". Telle est l'analyse de Sophie Vignolles, de la plate-forme Babbe, qui cite des artistes provençaux comme Jul, SCH ou Soso Maness. Aussi s’étonne-t-on de voir son étude employer le mot péjoratif "patois".

Ici Breizh Izel, une radio qui porte mal son nom

La locale de Radio France émettant à l’ouest de la Bretagne diminue la place de la langue bretonne sur ses antennes. Une décision qui suscite les protestations de ses journalistes. La direction se défend en assurant qu’elle donnera au breton plus de visibilité sur le numérique. Une pétition lancée a été lancée pour protester contre cette orientation.

Remise de "Florilangues" à Amin Maalouf

Le Collectif « Pour les littératures en langues régionales » (auquel j'appartiens) a remis le 3 juin à Amin Maalouf un corpus de 32 textes représentatifs des littératures en langues régionales. Cet ouvrage, intitulé "Florilangues" comprend des oeuvres de métropole et des outre-mer, écrites depuis le Moyen Age à nos jours. L'objectif du collectif est de voir enseigner ces littératures - en français, comme le sont les littératures étrangères. Il a reçu le soutien actif du secrétaire perpétuel de l'Académie française. Vous pouvez vous aussi soutenir cette démarche en signant cette pétition.

Quand l’agglo du Pays basque défend… le gascon

Cela paraît paradoxal ? Cela ne l’est pas. Parce que l’agglomération du Pays basque soutient le basque en tant que langue minoritaire, elle prend aussi des mesures en faveur de la langue minoritaire de son propre territoire, en l’occurrence le gascon.

DU COTE DES LANGUES DU MONDE

L’IA appauvrit-elle le langage ?

Les agents conversationnels comme ChatGPT facilitent notre quotidien. Mais dans le même temps, l’intelligence artificielle pollue les écrits et perturbe l’écosystème langagier, estime cet article de Guillaume Desagulier, professeur de linguistique anglais, publié par le site The conversation.

Panorama de la littérature en langues régionales romanes de Wallonie

En Belgique, la littérature en langues régionales romanes – champenois, lorrain, picard et wallon - a plus de 400 ans d’existence. Elle n’est en rien un sous-genre de la langue française, mais souffre d’un déficit d’image en raison de son exclusion du système scolaire, souligne cet article qui dresse un panorama de ces littératures.

A ECOUTER

Faut-il favoriser les langues régionales ?

Telle était la question posée lors de l’émission "Le Grand débat" organisé par Radio France Internationale après le refus par l’Union européenne d’intégrer le catalan, le basque et le galicien comme langues officielles. J’y ai participé en compagnie des linguistes Nicolas Quint et Alain Bentolila.

A REGARDER

"Ne" va-t-il disparaître des phrases négatives ?

C’est déjà le cas en grande partie à l’oral, si bien que la négation pourrait à l’avenir ne plus être représentée que par "pas", qui n’avait originellement aucun rapport avec elle. C’est ce qu’explique ici le youtubeur Etymocurieux, auteur d’excellentes vidéos consacrées à la langue française.

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