"Votons en trois tours et non en deux" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
Pour des élections à trois tours
Robert Clément, Richardménil (Meurthe-et-Moselle)
Depuis un certain temps, les forces politiques qui arrivent aux premières positions ne représentent, au mieux, que 20 à 25 % des suffrages exprimés, avec un taux d’abstention proche de 50 %. Cela signifie que les deux options demeurant en compétition représentent moins de 25 % des citoyens. Il semble donc légitime que 75 % restant ne se sentent pas bien représentés. C’est pourquoi une alternative à la convention citoyenne et au référendum pourrait consister à voter en trois tours au lieu de deux. Lors du premier, les citoyens pourraient donner leur véritable préférence. Au second, se présenteraient tous les candidats de tête dont les scores cumulés dépasseraient une fraction fortement majoritaire des suffrages exprimés (70 % ?). Ce deuxième tour permettrait de déterminer les lignes dominantes et de désigner les deux candidats les plus représentatifs qui s’affronteraient ainsi lors du troisième et dernier tour. (Jean-Louis Bourlanges : "La démocratie directe est une chimère face à l’individualisme", L’Express du 22 mai.)
L’individualisme mine notre démocratie
Gilles Blanc, Saint-Jeoire-Prieuré (Savoie)
La démocratie peut-elle survivre à des élus qui, pour l’être, promettent des réponses aux attentes de chacun et se renient dès le lendemain par le seul fait qu’ils sont les représentants d’un collectif (nation, région, département, commune), et non d’individus isolés ? Corollaire : les citoyens, votants pour que leurs attentes soient satisfaites, peuvent-ils supporter des élus qui sont, de fait, les représentants de tous ? Boutons l’individualisme hors de notre système de pensée ! (Référendum, couacs de com’ et mensonges : les vies parallèles d’Emmanuel Macron et François Bayrou, sur Lexpress.fr)
Agressions russes : dire ou ne pas dire
Michel Mondamey, Saint-Chamond (Loire)
Emmanuel Macron l’a assuré : il faut désormais "attribuer" de façon systématique les agressions dont la France est victime. Telle n’est pas visiblement l’opinion des services de l’Etat. Un exemple : l’incendie criminel survenu dans la nuit du 6 mai, commis par des individus ayant pénétré dans un poste de transformation d’Enedis de Saint-Chamond. Son objectif : la société d’armement KNDS, qui vient d’investir en octobre 2024 dans une nouvelle filiale à Kiev. Cet incendie a privé pendant plusieurs heures 3 000 foyers d’électricité et impactés de nombreux salariés, commerçants et entrepreneurs de la ville. Après que l’on a tenté de le tenir secret, ce grave incident n’a eu que très peu d’écho. Or nous sommes bien victimes d’une guerre que l’on dit hybride. (Comment Poutine déstabilise la France, L’Express du 15 mai.)
Pour Denys de Béchillon
Jacques Canier, Colombes (Hauts-de-Seine)
Encore bravo et merci pour la qualité des plus remarquables de votre journal, que je découvre toujours avec plaisir le jeudi. Je tiens ici à souligner notamment ma grande appréciation du professeur Denys de Béchillon pour la pertinence toujours aiguë de ses analyses, dont le seul "défaut" est de ne pas faire dans la complaisance ou le flou artistique - pas du tout le genre de cet universitaire. Oui, en démocratie, nous sommes bien tous responsables, au sein d’une sorte de synergie entre nous autres et nos politiciens. Oui, le meilleur politicien est souvent empêché face à la mauvaise foi collective, allègrement relayée par les députés d’opposition, les réseaux dits sociaux, les médias, les sondages, etc. Sommes-nous innocents ? Assurément pas. (Courrier des lecteurs, L’Express du 15 mai.)
Rendre à César…
Marian Ion, Paris
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Gérald Bronner. Il y évoque plusieurs études publiées dans Nature Human Behaviour, écrits par une "équipe de chercheurs". Je regrette simplement que les noms des auteurs et le titre des études citées ne soient pas mentionnés. (La sincérité contre la vérité : comment les démocraties se fissurent, L’Express du 30 avril.)
French Tech : l’âge de raison
A l’heure où se tient Paris VivaTech (du 11 au 14 juin), le plus grand Salon européen consacré aux start-up, L’Express dresse un bilan de la French Tech en 2025. Après des années d’euphorie faites d’une croissance à deux chiffres, de levées de fonds mirobolantes, de créations de "licornes" dorées et de fusions-acquisitions multiples, voici venu le temps de l’âge de raison, dans un contexte géopolitique tendu. Un recentrage bienvenu pour démontrer la viabilité du modèle économique et se concentrer sur des domaines souvent synonymes de souveraineté : intelligence artificielle, cloud, ordinateur quantique, automobile, commerce hybride, etc. Autant de secteurs où la France peut jouer un rôle majeur face aux mastodontes américains et chinois. A retrouver la semaine prochaine dans notre cahier thématique broché en pages centrales de L’Express.