Assurance-vie : ces quatre idées reçues qui ont la vie dure
Dans sa dernière enquête sur le patrimoine des ménages, l’Insee constate que depuis vingt ans, l’assurance-vie s’est largement diffusée chez les Français. Avec ses 2 000 milliards d’euros d’encours, elle touche 42 % des ménages. Pourtant, de nombreux présupposés restent vivaces concernant cette enveloppe d’épargne.
Le plus courant consiste à assimiler assurance-vie et fonds en euros. Certes, l’actif garanti demeure le pilier de ce produit mais, depuis plusieurs années maintenant, 40 % des versements environ vont se loger dans des unités de compte, un vaste fourre-tout qui regroupe des fonds immobiliers, monétaires, obligataires, ou des actions… Seul point commun : leur valeur n’est pas garantie par l’assureur, au contraire du fonds en euros. Leur poids pèse de plus en plus lourd : à fin décembre 2024, ces supports représentaient près de 30 % des encours, selon France Assureurs.
L’immobilier, pas si refuge
Autre idée reçue : placer son argent dans un fonds en euros revient à financer la dette de l’Etat. Si les obligations sont largement majoritaires dans ce support, la dette souveraine ne représente que 30 % du total, devancée par celle des entreprises, plus rémunératrice. Par ailleurs, les fonds en euros sont investis, en moyenne, à plus de 12 % en actions.
Concernant la part dévolue à l’immobilier, la plupart des épargnants ont pensé pendant longtemps qu’il s’agissait d’un placement peu ou pas risqué. Ils ont donc massivement misé sur les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et les sociétés civiles immobilières (SCI) au cours des dix dernières années. Malheureusement, ces supports se sont chargés de leur rappeler que la pierre, bien que tangible, peut perdre de la valeur. L’an dernier, ces derniers ont ainsi cédé 6,7 %, après une première baisse de 7,5 % en 2023.
Des frais toujours élevés
Une troisième méprise consiste à penser que le private equity – l’investissement au capital d’entreprises non cotées – a pris un essor notable au sein de l’assurance-vie. Bien qu’en vogue, il demeure minime. Une étude de France Invest indique qu’à fin 2024, il concentrait un peu plus de 7 milliards d’euros d’encours, soit 0,35 % de l’ensemble.
Dernier discours qui tourne en boucle : l’assurance-vie coûte cher. Hélas, c’est bel et bien vrai. Pour les frais du contrat, comptez, en moyenne, 0,66 % de frais de gestion par an sur le fonds en euros, 0,83 % sur les unités de compte en gestion libre et 1,19 % en gestion sous mandat ou pilotée. A cela s’ajoutent les frais des supports en eux-mêmes, soit 1,62 % en moyenne l’an dernier. L’addition de ces deux étages de frais, multipliée par la durée de détention d’un contrat – treize ans environ –, constitue un manque à gagner considérable.