Des personnes malades et handicapées alertent sur les "dangers" de "l’aide à mourir"
"Cette loi me fait l'effet d'un pistolet chargé déposé sur ma table de nuit, afin que je mette fin à mes jours le jour où je me dirai que je suis un poids trop important pour mes proches ou que la société me dira que je coûte trop cher", a déclaré Edwige Moutou, 44 ans, atteinte de la maladie de Parkinson.
"Les critères d'éligibilité sont assez flous, puisque quand on a une maladie incurable et qu'on ressent que sa qualité de vie n'est pas satisfaisante, on est éligible", a expliqué Magali Jeanteur, médecin, à l'origine de ce rassemblement sous le mot d'ordre #JesuisÉligible. "Ca peut englober des millions de personnes, y compris des personnes avec des maladies psychiques ou chroniques, comme l'insuffisance cardiaque, le diabète, la sclérose en plaque", a affirmé le médecin.
Renforcer "l'aide à vivre" plutôt que "l'aide à mourir"
Elle a posté lundi une vidéo sur le réseau social Linkedin à la demande de son mari atteint d'un locked-in syndrome, qui a été beaucoup partagée et lui a valu des dizaines de messages de soutien. "Notre vie est difficile, il y a des jours où on peut être tenté de baisser les bras. Et ce jour-là, si l'aide à mourir est plus facile que les aides à vivre qu'on nous propose, on craint que beaucoup ne soient tentés de mettre fin à leurs jours", a-t-elle déclaré, jugeant la loi "très violente pour les personnes handicapées".
"Au moment où le secteur de l’aide à domicile vit une crise sans précédent, la solution qu’on nous propose, c’est de renforcer l'aide à mourir et pas l'accompagnement et l’aide à vivre", a fait valoir Christine Bonnefond, dont le mari vit depuis 33 ans avec la maladie de Charcot. "La vraie dignité n’est pas d’avoir le droit de disparaître, mais d’avoir les moyens d’exister. Je veux être éligible à la vie, pas à la mort", a ajouté Marie-Caroline Schurr, atteinte d'une maladie génétique incurable.
Les députés ont achevé samedi l'examen de deux propositions de loi, l'une créant un "droit à l'aide à mourir", l'autre sur les soins palliatifs, sur lesquels deux votes solennels auront lieu mardi.