Pourquoi Gérald Darmanin veut-il la fin de l’argent liquide ?
Le garde des Sceaux assure avoir une solution pour freiner radicalement le trafic de drogue : "diminuer l’argent liquide". Gérald Darmanin a exprimé ce souhait lors d’une audition devant la commission d’enquête du Sénat sur la délinquance financière, jeudi 22 mai. "Je l’ai dit à plusieurs reprises à ceux qui m’interrogent pour savoir comment on arrête la drogue dans nos quartiers : la fin de l’argent liquide empêchera la constitution de points de deal" a affirmé le ministre devant les sénateurs.
"L’argent liquide reste le sujet principal" concernant le trafic de drogue, a-t-il indiqué, au début de sa prise de parole sur la question. Ce dernier "offre une grande liberté mais il alimente aussi le grand banditisme, la prostitution, les trafics", a encore souligné Gérald Darmanin sur RTL, ce vendredi 23 mai au matin. Selon la logique "assez simple" du ministre de la Justice, "la fin de l’argent liquide empêchera la constitution de points de deal. Ça n’empêchera pas qu’il y aura toujours de la drogue mais, une fois que l’argent est traçable, comme le sont souvent les cryptoactifs, c’est plus compliqué pour le consommateur comme pour le revendeur de pouvoir échapper totalement" aux contrôles, a-t-il détaillé.
La fin de l'argent liquide pour empêcher les points de deal ? "Cet argent liquide, c'est le nerf de la guerre"@GDarmanin dans #RTLMatin avec @olivierboy pic.twitter.com/PVW9SBZERN
— RTL France (@RTLFrance) May 23, 2025
43 % des transactions sont effectuées en liquide
La disparition de l’argent liquide pourrait provoquer une levée de boucliers, car il est encore très apprécié par les Français : en 2024, 43 % des paiements étaient encore effectués en liquide en France, selon une étude de la Banque centrale européenne. D’après cette même source, la majorité des consommateurs (60 %) juge par ailleurs qu’il est important (ou très important) d’avoir la possibilité de payer en espèces.
Loin d’être nouvelle, "la volonté de suivre l’argent pour atteindre les structures et les sommes issues du trafic illicite et de la fraude pose toujours un problème", a observé le sénateur du Lot Raphaël Daubet, président de la commission d’enquête, cité par Public Sénat.
Gérald Darmanin se dit néanmoins "réaliste", et l’admet : "On ne le fera pas parce que nous n’en avons pas les moyens politiques", faute de majorité au parlement. Le ministre le reconnaît : "Une longue discussion avec les Français" serait nécessaire avant d’envisager la fin des billets et des pièces de monnaie.
En attendant de trouver la solution pour lutter contre le narcotrafic, les paiements en espèce ont déjà été largement encadrés en France pour limiter la fraude : il est ainsi interdit de régler plus de 1 000 euros en liquide, sauf entre particuliers.